Sénat: La laïcité lors des sorties scolaires s'invite dans le débat sur l'école

SIGNES RELIGIEUX Cet amendement a été voté au Sénat contre l'avis du gouvernement

20 Minutes avec AFP

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L'entrée du Sénat à Paris, en juillet 2018.
L'entrée du Sénat à Paris, en juillet 2018. — Clément Follain / 20 Minutes

Les signes religieux ostentatoires vont-ils être bannis des sorties scolaires ? Le Sénat a adopté ce mercredi un amendement LR dans ce sens dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de loi « pour une école de la confiance ». Ce texte a été adopté contre l’avis du gouvernement, par 186 voix contre 100 et 159 abstentions.

La laicïté s’est invitée dans les débats du Sénat ce mercredi. Selon les auteurs du texte, toutes les personnes qui accompagnent les enfants lors des sorties scolaires, y compris les parents d’élèves, « deviennent des collaborateurs occasionnels du service public ». En conséquence, elles devraient s’abstenir de tout « signe religieux ostentatoire » lors de ces sorties. « Il y a besoin de renforcer la loi », a affirmé le rapporteur LR, Max Brisson.

Le risque de l’abandon des sorties scolaires

Pour Jacques Grosperrin (LR), il s’agit de « protéger les chefs d’établissement », de « faciliter la tâche des enseignants ». « Qu’on sorte de cette bienveillance complaisante », a-t-il lancé. « Une sortie d’école, c’est aussi une activité scolaire », a appuyé Françoise Gatel (centriste).

Mais la sénatrice PS Sylvie Robert a accusé la droite sénatoriale de « prendre prétexte » du projet de loi sur l’école « pour faire ressurgir des obsessions ». « Ce n’est pas un débat juridique, c’est un débat politique », a-t-elle affirmé. Voter l’amendement en l’état, c’est risquer de se retrouver avec « certains quartiers » où il n’y aura « plus de sorties scolaires », a souligné Marie-Noëlle Lienemann (CRCE à majorité communiste), soulignant la difficulté à trouver des parents pour les accompagner.

Une mesure « contre-productive »

Opposé à l’amendement, le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a salué « un débat noble », sur un sujet « bien réel ». « Nous souhaitons tous des sorties scolaires avec des parents qui participent et des parents qui n’ont pas de signes ostentatoires », a-t-il déclaré. « Nous sommes tous désireux que les directeurs d’établissement ne soient pas dans des situations impossibles ».

Mais le ministre a jugé qu’une mesure législative, aujourd’hui, « pourrait avoir quelque chose de contre-productif ». « Nous devons avoir une position d’équilibre », a-t-il plaidé, affirmant essayer « de trouver la voie la plus efficace et la plus pragmatique ». « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour obtenir que sur le terrain, nous ayons des sorties scolaires avec des parents qui n’ont pas de signes ostentatoires », a-t-il assuré.