Le port du gilet jaune va-t-il devenir obligatoire pour les motards?

FAKE OFF Deux variantes d'une rumeur affirment que le port du gilet jaune est devenu obligatoire pour les motards depuis le 9 mai, ou qu'il pourrait bientôt le devenir

Alexis Orsini

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Des motards portant des gilets jaunes pendant l'acte 23, à Toulouse.
Des motards portant des gilets jaunes pendant l'acte 23, à Toulouse. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • Les motards seraient contraints, depuis quelques jours, de porter un gilet jaune lors de leurs déplacements, à en croire une rumeur qui suscite l'indignation sur Facebook.
  • Elle évoque en fait la date de dépôt d'un amendement de députés LREM au projet de loi d'orientation des mobilités, qui propose de rendre le port du gilet jaune obligatoire pour différents deux-roues, dont les motos.
  • Contacté par 20 Minutes, le responsable du texte affirme toutefois que le groupe LREM votera contre cet amendement. 

« Le retour du gilet jaune obligatoire [est en place] à partir du 9 mai 2019 à moto et tous les deux roues (135 euros) », « 135 euros d’amende pour tous ceux qui ne porteront pas le gilet jaune »… A en croire une rumeur partagée sur Facebook, les motards sont obligés, depuis quelques jours, de se déplacer avec un gilet jaune sur le dos – ou bientôt amenés à le faire.

L’annonce suscite l’indignation de nombreux internautes qui dénoncent une mesure injustifiée ou visant à « voler [leur] argent ». Mais si une telle mesure est bien envisagée dans un amendement au projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), rien ne garantit quelle voie vraiment le jour – alors que les les motards doivent seulement disposer, à l’heure actuelle, d’un gilet jaune à bord de leur véhicule, comme les automobilistes.

FAKE OFF

Le 9 mai, à l’Assemblée nationale, une vingtaine de députés La République en marche (LREM) ont en effet déposé un amendement visant à « renforcer la sécurité routière en imposant le port d’un gilet de haute visibilité et d’un casque aux utilisateurs de vélos, de trottinettes, de gyropodes, de motocyclettes, tricycles à moteur, quadricycles à moteur, et cyclomoteurs ». Au risque d’être sanctionné, en cas de non respect, d’une « amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe », soit 135 euros.

Toutefois, cet amendement doit être accepté pour figurer dans la loi, qui doit elle-même être promulguée pour entrer en vigueur. Selon Jean-Marc Zulesi, député LREM des Bouches-du-Rhône et responsable du texte, l’amendement a peu de chances d’être adopté, comme il l’explique à 20 Minutes : « J’y suis défavorable à titre personnel et le groupe LREM [qui compte plus de 300 députés] aussi, nous nous apprêtons à voter contre, sans doute en fin de semaine. »

« A mon sens, il n’est pas judicieux de passer par la loi pour ce type de règlement, et je ne pense pas que sanctionner le non respect de ces comportements d’une amende incite plus les usagers à les adopter, d’autant qu’il existe déjà beaucoup de dispositifs pour les motards », ajoute le responsable des questions de mobilité au sein de LREM, qui espère voir le projet de loi adopté avant les vacances d’été.