Marseille: La gratuité des transports? «Il faut quand même que quelqu'un paye», et ce n'est pas gagné

TRANSPORT Martine Vassal, la présidente de la Métropole d’Aix-Marseille a annoncé vouloir lancer des études pour la gratuité des transports

Adrien Max

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Illustration sur le métro et les transports en commun à Marseille
Illustration sur le métro et les transports en commun à Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • La présidente de la Métropole Aix-Marseille souhaite lancer des études d’impact sur la gratuité des transports à Marseille.
  • La question du financement est soulevée, qui paiera cette gratuité ? Le contribuable ou l’Etat ?
  • Pour l’opposition, ce débat est une bonne idée, mais attention à ce que la gratuité ne freine pas le développement des lignes de transport.

Une annonce qui fait des vagues. Lors du lancement officiel des navettes maritimes à Marseille, mardi, la présidente de la métropole Aix-Marseille et du département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, a surpris son monde sur la question de la gratuité des transports sur le territoire.

« Aujourd’hui se pose la question de réfléchir, bien sûr, à une gratuité totale. J’aimerais, comme à certains endroits, rendre gratuits les transports mais cela a un coût. Il faut donc l’évaluer, voir comment on peut arriver à compenser ce coût », a indiqué Martine Vassal, comme le rapporte La Provence. Contacté par 20 Minutes ce mercredi, l’entourage de la présidente tempère néanmoins : « Une étude d’impact a été évoquée pour savoir combien cela coûterait mais aucune décision n’est prise dans l’absolu. On aimerait tous y parvenir, mais il faut regarder les impacts. »

« Est-ce que la gratuité existe vraiment ? »

Preuve du chemin encore à parcourir, Roland Blum l’élu métropolitain en charge des transports, ne sait pas encore quelle forme revêtiront les débats. « Il n’y a pas eu de débats entre nous sur comment lancer ledit débat, mais je rejoins l’avis de la présidente sur la nécessité de l’ouvrir », indique-t-il à 20 Minutes.

Une nécessité d’autant plus grande que le territoire d’Aubagne, a, lui, fait le choix de la gratuité des transports lorsque l’ancienne mairie communiste était au pouvoir. « Cela crée une inégalité entre les territoires, ce qu’il faut gommer », avance l’élu.

Il se questionne par ailleurs sur les difficultés pour la mise en place de cette gratuité.

« Est-ce que la gratuité existe vraiment ? Il faut quand même que quelqu’un paye. Nous sommes déjà au taux le plus élevé des versements transports des entreprises, nous ne pouvons pas aller plus haut. S’il n’y a pas de contribution des usagers alors ce sera aux contribuables de payer, mais j’ai cru comprendre qu’ils en avaient marre. En ce qui concerne l’Etat, il nous a déjà fait de belles promesses concernant les transports, qu’il n’a jamais tenues », avance Roland Blum.

Une bonne idée, mais

L’opposition métropolitaine considère comme « une bonne chose », cette volonté de rouvrir le débat bien qu’elle se heurte à plusieurs difficultés. « Rien qu’au niveau de la RTM c’est un budget de 100 millions d’euros. Au vu de la faible marge de manœuvre du budget de la métropole, cette somme me semble considérable », avance Stéphane Mari de La République en Marche qui siège avec le groupe Agir pour la métropole.

Face à la fraude, qui touche essentiellement les jeunes selon lui, il privilégierait une extension de la gratuité aux collégiens et aux lycéens. « Les personnes âgées et bénéficiaires des minimums sociaux ne payent pas les transports. Je pense que l’étendre à ces jeunes serait un juste milieu », avance Stéphane Mari. Il s’inquiète qu’une gratuité généralisée puisse par ailleurs ralentir les projets de développement des transports de la métropole :

« Vu le retard, cette bonne idée de départ pourrait vite devenir un frein. »

Quant à la crainte d’une augmentation des incivilités brandie par certains, il cite l’exemple d’Aubagne : « Le seul impact de la gratuité est une utilisation exponentielle des transports en commun. » Quand on connaît le problème de la voiture à Marseille…