Aéroport de Nantes: La délicate concertation autour du réaménagement se prépare

AEROPORT Deux mois d'échanges vont être organisés autour du devenir de l'aéroport, à partir du 27 mai

Julie Urbach

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L'aéroport Nantes-Atlantique, en avril 2019
L'aéroport Nantes-Atlantique, en avril 2019 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • La commission du débat public a dévoilé les modalités de la concertation préalable à la rénovation de Nantes-Atlantique
  • Plusieurs inconnues et critiques risquent de rendre l'exercice compliqué

Près d’un an et demi après l’abandon du projet de transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, l’avenir de la plateforme de Nantes-Atlantique va enfin être officiellement remis sur la table. Dans deux semaines (27 mai), une concertation pilotée par la commission nationale du débat public (CNDP) doit s’ouvrir pour une période de deux mois. Objectif de cette démarche, dont les premiers détails viennent d’être dévoilés : préparer le réaménagement et l’extension de l’aéroport nantais, plus que jamais nécessaire au vu des récents chiffres de fréquentation. Le point.

De quoi va-t-on parler ?

Prévenons d’emblée, l’objectif n’est pas de donner aux habitants la possibilité de voter pour tel ou tel scénario. Il s’agit plutôt de s’assurer que les riverains, usagers de l’aéroport et élus soient « informés » des « diverses options ou alternatives possibles » envisagés par la direction générale de l’aviation civile (DGAC). La transformation de l’aérogare, l’épineux dossier de l’allongement de la piste, la construction de nouveaux parkings, la restriction des vols de nuit, et la desserte en transports en commun devraient faire partie des sujets abordés. Mais le public sera « libre de respecter le champ initial de la concertation », indique la CNDP. Ce qui veut dire que ceux qui militent toujours pour un transfert pourront s’exprimer.

Comment s’organisera-t-elle ?

Un site Internet dédié sera ouvert, des registres seront disponibles dans 26 communes de l’agglo, des réunions publiques et ateliers seront organisés jusqu’au 31 juillet. A noter, un panel citoyen « composé de 30 à 35 personnes », dont on ne connaît pas l’identité ni le rôle, se réunira plusieurs fois. Deux garantes seront chargées de rédiger un bilan des échanges, d’ici à fin août. La DGAC devra faire connaître ses décisions à l’automne. Les travaux, eux, ne devraient pas démarrer avant 2022, avant un appel d’offres auquel Vinci pourrait (ou non) candidater.

Pourquoi l’exercice s’annonce-t-il délicat ?

Car les attentes sont fortes et que de nombreuses questions se posent, en premier lieu celle du coût. « La facture s’annonce à minima à 570 millions d’euros (et jusqu’à 1,15 milliard en cas de nouvelle piste transversale) soit bien davantage que le transfert à Notre-Dame-des-Landes », regrette déjà l’association des Ailes pour l’Ouest. L’équation entre le problème des nuisances, l’augmentation du trafic aérien (la DGAC estime le nombre de passagers à 9,2 millions en 2030, alors qu’ils sont déjà 6,2 millions en 2018), et l’accessibilité du site, semble difficile à résoudre.

Comment les élus locaux accueillent-ils cette étape ?

Cette concertation, jugée peu ambitieuse par certains qui demandaient un vrai débat public, est déjà remise en cause sur le fond et la forme. « Les zones d’ombre sont nombreuses, se désole Jean-Claude Lemasson, le maire de Saint-Aignan-de-Grandlieu. On ne sait pas ce qui va être très concrètement mis au débat et comment le public sera objectivement éclairé sur les enjeux et conséquences de chacune des options. » En début d’année, plusieurs élus locaux dénonçaient le caractère prématuré de cette concertation. Ils plaidaient pour un report de plusieurs mois, le temps de mener de nouvelles études environnementales, à propos des nuisances sonores mais aussi de la qualité de l’air.