Parcoursup: Quelles formations sont les plus demandées par les candidats?

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Les premières réponses aux vœux des candidats inscrits sur la plate-forme d’accès aux études supérieures tombent ce mercredi

Delphine Bancaud

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Les premiers résultats vont tomber sur la plate-forme à partir de 19h.
Les premiers résultats vont tomber sur la plate-forme à partir de 19h. — DENIS CHARLET / AFP
  • Les candidats ont formulé davantage de vœux que l’an dernier : 9 en moyenne.
  • Les formations sélectives (DUT, BTS, classes prépas, écoles avec entrée sur concours ou sur dossier…) ont, cette année encore, le vent en poupe.
  • Et deux tiers des candidats ont fait au moins un vœu hors de leur académie cette année.

Fin de suspense ce mercredi pour certains lycéens et étudiants en réorientation. Car Parcoursup dévoilera à partir de 19h les premières réponses aux voeux des candidats inscrits sur la plate-forme d’accès aux études supérieures. Pour les filières sélectives (DUT, BTS, classes prépas, écoles avec entrée sur concours ou sur dossier…), ce sera « oui », « non » ou « en attente ».

Pour les filières non sélectives (licences générales), les réponses seront « oui », « en attente » ou «oui si», si l’université considère que le candidat a besoin de suivre un parcours d’accompagnement pour être accepté. L’occasion pour 20 Minutes de faire le point sur les formations qui ont été les plus demandées cette année.

Combien de vœux les candidats ont-ils exprimés ?

Cette année, Parcoursup a été ouverte dès le mois de décembre, afin de donner davantage de temps aux candidats pour consulter le descriptif des formations avant de choisir. Et la bonne nouvelle du cru 2019, c’est que l’offre s’est étoffée. Parcoursup propose désormais 14.500 formations, contre 13.000 auparavant, et permet notamment cette année de postuler aux Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi).

Du coup, les candidats ont formulé davantage de vœux que l’an dernier : 9 en moyenne en 2019 contre 7,7 en 2018, selon une note du ministère de l'Enseignement supérieur. « Le ministère a relevé les quotas de bacheliers professionnels et technologiques à accueillir en BTS et en DUT. Du coup, certains élèves ont plus tendance à postuler dans ces formations, car ils pensent avoir davantage de chances d’être pris. Et plus globalement, les lycéens ont compris que moins ils émettraient de vœux, plus ils prendraient le risque de se retrouver sans proposition d’affectation », analyse Sophie Laborde-Balen, fondatrice de tonavenir.net et conseillère en orientation. Autre raison évoquée par Bruno Magliulo, ancien inspecteur d’académie et auteur de SOS Parcoursup* : « Cette année, moins de candidats ont demandé uniquement des filières sélectives, de peur de se retrouver le bec dans l’eau, comme certains lycéens l’an dernier. »

Mais les lycéens professionnels font toujours moins de vœux que les autres (en moyenne 6,7). Ceux qui en émettent le plus sont les lycées des séries technologiques et ceux de la série S, qui comptabilisent en moyenne 10 vœux. Ce qu’explique aisément Sophie Laborde-Balen : « Les lycéens professionnels ont une spécialité pointue qui réduit le champ des possibles en termes d’orientation. Et ils ont bien intégré que leurs aînés qui s’étaient inscrits en licence généraliste avaient souvent abandonné en cours de route ».

Le succès des filières sélectives se confirme-t-il ?

Oui, car 31 % des vœux exprimés concernent les BTS, 13 % les DUT, 9,6 % les Ifsi, 7 % les classe prépas… Et le carton des BTS se confirme, notamment chez les lycéens professionnels, car ils représentent 77 % de leurs vœux, et chez les lycéens technologiques, qui sont 51 % à avoir opté pour une telle formation. « Avec la mise en place de quotas à l'entrée des BTS et des DUT ces dernières années, la demande des lycéens pros et technos augmente. D’autant qu’ils savent que ces formations sont très recherchées par les entreprises et qu’ils pourront poursuivre leurs études s’ils le souhaitent », observe Bruno Magliulo. Les BTS tertiaires (management commercial opérationnel, négociation et digitalisation de la relation-client, commerce international, professions immobilières) rencontrent le plus de succès, ainsi que les DUT gestion administrative et commerciale des organisations ou techniques de commercialisation.

Et les Ifsi sont aussi très demandés (9,6 % des vœux) : « C’est dû au fait que la sélection des étudiants ne se fait plus sur concours, mais sur dossier. Les candidats pensent avoir davantage de chances d’être pris », explique Sophie Laborde-Balen. « Et malgré les difficultés du métier d’infirmier, il attire beaucoup de jeunes et représente un débouché aussi bien pour les bacheliers ST2S que S ou ES », ajoute Bruno Magliulo.

Quelles formations non sélectives sont plébiscitées ?

Les licences généralistes cumulent 34 % des vœux. « Elles sont choisies par des lycéens qui se projettent sur des études longues, qui aiment la théorie et qui se sentent autonomes dans leur travail », observe Sophie Laborde-Balen.

La licence de droit, la Paces (première année commune aux études de santé), les Staps et la licence d’économie-gestion sont en tête de peloton. Le nombre de vœux en licence de droit enregistre d’ailleurs une progression particulièrement élevée (+25 % par rapport à l’an dernier). « Le fait que cette licence soit très demandée a encore amélioré son image de marque et suscité encore davantage de vocations. Et les débouchés qu’offre la filière juridique attirent », indique Bruno Magliulo. Quant à la Paces, « le fait que le numerus clausus ait été relevé et que de nouvelles passerelles aient été créées à la fin de la première année explique l’augmentation de 7 % des vœux en sa direction cette année », souligne Sophie Laborde-Balen.

Les lycéens sont-ils davantage prêts à déménager pour suivre leurs études ?

Oui, car deux tiers des candidats ont fait au moins un voeu hors de leur académie, soit 3 points de plus qu’en 2018. Ce qu’explique Bruno Magliulo : « Le ministère a donné la directive aux universités d’augmenter la part des candidatures hors académie. Cela a encouragé les jeunes à postuler plus loin de chez eux. » « Et comme ils redoutent de ne pas être pris à côté de chez eux, ils optimisent leur chance en postulant aussi ailleurs ». Une volonté de bouger qui est plus forte chez les lycéens généraux (73 % des vœux de mobilité) que chez les lycéens technos (62 %) ou pros (48 %). Et qui est plus importante chez les élèves non boursiers (68 %) que parmi les boursiers (58 %). Peut-être pour des raisons financières ?

 

*Sos Parcoursup, Bruno Magliulo, LEtudiant éditions, 9,90 euros