Lyon: La détresse d’une famille d’agriculteurs qui a vu 180 caravanes s’installer sur leur champ

GENS DU VOYAGE Ils déplorent une récolte abîmée et estiment le préjudice à 5.000 euros

Caroline Girardon

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180 caravanes se sont installées dimanche sur ce champ de 4,5 hectares appartenant à un agriculteur de Genas.
180 caravanes se sont installées dimanche sur ce champ de 4,5 hectares appartenant à un agriculteur de Genas. — Clarisse Drevon
  • Dimanche après-midi, 180 caravanes de la communauté des gens du voyage se sont installées sur un terrain de 4,5 hectares à Genas.
  • Le propriétaire des lieux et sa fille, deux agriculteurs, dénoncent « une occupation illégale ».
  • Cette année, ils ne pourront pas récolter les foins et estiment le préjudice subi à 5.000 euros.

La surprise a été de taille. Dimanche après-midi, 180 caravanes de la communauté des gens du voyage, qui venaient d’être expulsées d’un terrain de Bron, se sont installées sur la prairie d’un exploitant agricole de Genas, près de Lyon. Un champ de 4,5 hectares sur lequel le sexagénaire cultive du foin.

« Une partie de la production est destinée à être revendue à d’autres agriculteurs du secteur afin qu’ils puissent nourrir leur bétail. Le reste est utilisé pour mes chèvres », explique Clarisse Drevon, la fille du propriétaire. Aujourd’hui, la famille conteste cette « occupation illégale »

« La récolte est foutue »

« Le terrain est dévasté. L’herbe, déjà haute, a été couchée et piétinée par les véhicules. La récolte des foins devait se faire en juin, désormais elle est foutue. On ne peut plus rien ramasser », s’inquiète Clarisse, qui vient de lancer une cagnotte en ligne pour obtenir un peu d’aide financière. Elle estime le préjudice subi « dans la fourchette des 5.000 euros ».

« Il y a le manque à gagner des bottes de foin, qui ne seront pas vendues mais il faut aussi tenir compte de la reprise du terrain. Le sol a été tassé par le passage des caravanes. Mon père va devoir labourer à nouveau, racheter des graines, les replanter. C’est tout un travail dont on ne se rend pas forcément compte », poursuit-elle. Et d’ajouter : « De mon côté, comment trouver du foin pour mes animaux ? La demande est tendue, le prix a augmenté. »

Un manque d’aires d’accueil ?

En début de semaine, l’éleveuse est allée rencontrer les gens du voyage pour engager un dialogue et leur demander de partir. Des négociations ont été menées à l’aide d’un médiateur. Les occupants des lieux se sont engagés à nettoyer et quitter le terrain à la fin de la semaine. Ils ont également proposé à la famille d’établir « un contrat de location temporaire » et de les indemniser à hauteur de 600 euros. Une maigre consolation pour Clarisse et son père.

« Il n’a jamais été question de créer un conflit car les échanges ont été courtois. Mais nous sommes des particuliers et nous n’avons pas le même poids qu’une collectivité », se désole l’éleveuse, consciente qu’il n’existe pas forcément les structures nécessaires d’accueil. Le département du Rhône comptait 26 aires d’accueil (540 places) dont 19 sur la métropole de Lyon. Il recense également quatre grandes aires de passage, situées à l’extérieur de l’agglomération, pouvant contenir 80 et 120 caravanes.