Libération des otages au Bénin: La France se prépare à rendre hommage aux militaires tués

COMMÉMORATION Un hommage national sera rendu mardi 14 mai dans la cour d'honneur des Invalides à Paris

20 Minutes avec AFP

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Un hommage national sera rendu mardi 14 mai aux deux militaires tués lors d'une opération de libération de deux otages au Burkina Faso.
Un hommage national sera rendu mardi 14 mai aux deux militaires tués lors d'une opération de libération de deux otages au Burkina Faso. — LUDOVIC MARIN / AFP

La France se prépare à rendre hommage aux deux commandos de marine tués en libérant des otages dans le nord du Burkina Faso, et dont les corps ont été rapatriés, un sacrifice qui suscite une intense émotion. Un hommage national aux maîtres Cédric de Pierrepont, 33 ans, et Alain Bertoncello, 28 ans, sera rendu mardi à 11 heures dans la cour d’honneur des Invalides à Paris, présidé par Emmanuel Macron.

« Les dépouilles des deux militaires sont arrivées hier sur le territoire national » a indiqué le ministère des Armées à l’AFP lundi, sans autre précision. « La ministre des Armées Florence Parly et les autorités militaires étaient présentes à leur arrivée » a simplement ajouté cette source.

Moment de recueillement Pont Alexandre III

Avant de rejoindre la cour des Invalides, le convoi funéraire enjambera la Seine : « Tous ceux qui veulent saluer une dernière fois les militaires pourront se recueillir Pont Alexandre III à 10h00 », indique le ministère. Les familles accueilleront les deux cercueils aux Invalides et l’allocution du président sera suivie de la sonnerie aux morts avant que ne retentisse la Marseillaise.

Pour Florence Charton, compagne de Cédric de Pierrepont, « il est mort pour ce qu’il aimait faire, ce dont pour quoi il était fier. Il a fait son job. C’est ce qu’il m’aurait dit », a-t-elle témoigné sur la chaîne TF1.

Il « était conscient des dangers encourus »

Même émotion et respect de son engagement chez la compagne d’Alain Bertoncello. Léa Latourte, militaire de 26 ans basée à Bordeaux, a affirmé sur la radio RTL qu’il « était conscient des dangers encourus et il les affrontait avec réalisme. Si c’était à refaire, il le referait » a estimé la jeune femme qui reçoit « énormément de messages de soutien » de la part d’inconnus.

Le père d’Alain, Jean-Luc Bertoncello a également rappelé l’engagement de son fils, qui l’avait conduit jusqu’au prestigieux commando Hubert, élite de l’élite au sein de la marine. « Ils ont fait ce qu’ils avaient à faire, pour lui ça s’est mal terminé mais pour, les autres, ils ont réussi la mission » a-t-il fait valoir.

« Il fallait y aller »

La ministre des Armées a justifié la présence du président Emmanuel Macron à l'aéroport de Villacoublay au pied de l’avion qui ramenait samedi en France les deux otages français : Patrick Picque et Laurent Lassimouillas avaient été enlevés le 1er mai et leur chauffeur abattu, lors d’un safari dans le nord du Bénin – une zone déconseillée par le ministère des Affaires étrangères.

« Il fallait y aller », a-t-elle dit sur France Inter, « c’était très important pour les militaires mais c’est aussi important pour tous les Français ». « Le message que nous avons voulu passer est double : d’abord que la mission de nos armées c’est de protéger les Français et elles l’ont fait » a-t-elle ajouté.

Cagnottes en ligne

« Et, vis-à-vis des terroristes cette fois (…) c’est que s’ils veulent s’en prendre à la France et aux Français, alors ils nous trouverons, c’est-à-dire que nous les rechercherons, nous les traquerons et nous les neutraliserons ».

Avec les otages français, ont été libérées une Américaine et une Coréenne, retenues « depuis 28 jours » selon l’armée, mais dont la présence était inconnue. Le faire-part d’Alain Bertoncello publié dans la presse régionale précise que les obsèques du jeune soldat seront célébrées samedi chez lui en Haute-Savoie (centre-est) « dans l’intimité familiale ». Il invite à partir de mercredi ceux qui le souhaitent à se recueillir devant sa dépouille, à la maison funéraire d’Annecy.

Le commando Hubert auquel appartenait les deux soldats a lancé une cagnotte en ligne intitulée « Cédric et Alain, nos frères d’armes », qui avait recueilli plus de 60.000 euros lundi à la mi-journée. Une autre, à l’initiative d’amis de Cédric de Pierrepont et destinée à sa mère, dans le Morbihan, a été lancée en mémoire de « ce héros qui a fait le sacrifice ultime » a recueilli plus de 21.000 euros. Enfin, l’ONG belge « Iles de la Paix » appelle à soutenir la famille du guide béninois des deux Français, Fiacre Grégoire Gbédji, 30 ans et père de six enfants. Elle a ouvert un compte à cet effet, « en Belgique afin d’éviter les frais liés aux transferts internationaux »