Illustration d'une station de ski.
Illustration d'une station de ski. — NICOLO REVELLI-BEAUMONT/SIPA

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Savoie: Comment les stations de ski utilisent le snowfarming pour survivre face au réchauffement climatique

En Savoie, plusieurs stations utilisent cette technique qui leur permet d'ouvrir même lorsque les précipitations ne sont pas suffisantes

  • Face aux aléas climatiques, plusieurs stations de ski ont désormais recours au snowfarming.
  • Cette technique, venue des pays scandinaves, permet de stocker de la neige, utilisée ensuite pour la saison à venir.
  • Cela évite d’avoir recours systématiquement aux canons à neige et permet aux stations d’ouvrir même lorsqu’il n’y a pas assez de neige naturelle.

Qui aurait pensé pouvoir skier au mois de juillet ? Et pourtant, c’est le défi qu’a relevé la station de ski Les Saisies (Savoie), à l’été 2017, lors de sa première expérimentation du snowfarming. Une technique qui évite à certaines stations d’être (trop) tributaires des aléas climatiques.

Le snowfarming, qui trouve son origine dans les pays Scandinaves, est utilisé pour conserver la neige d’une saison à une autre. Et préparer ainsi les premières sous-couches nécessaires à l’ouverture des pistes.

La neige de culture (ou artificielle), fabriquée ultérieurement, est ramassée puis stockée pendant toute la période estivale sous de la sciure, utilisée comme isolant. Ensuite de la neige naturelle est ajoutée en complément. Ce qui constitue une alternative à l’utilisation des canons à neige. Une solution intéressante pour certaines stations, à l’instar du Grand Bornand, Bessans, Les Saisies, ou encore Courchevel qui ces dernières années ont sauté le pas pour l’expérimenter.

Ouvrir les stations de ski en avance

« On n’est pas contraint par les débuts d’hiver difficiles. On peut ouvrir les stations plus tôt même quand il n’y a pas de précipitations ou que les températures ne sont pas assez froides », explique Philippe Clochey, responsable des pistes des Saisies.

« Avec une ouverture avancée, les skieurs professionnels peuvent s’entraîner plus tôt sur la neige, sans forcément devoir se déplacer loin », ajoute le maire de Bessans, Jérémy Tracq. Cette petite station, qui a déjà tenté l’expérience la saison passée, a ainsi réussi à stocker 10.000 mètres cubes de neige cette saison. Ce qui lui permettra de préparer 2,5 kilomètres de piste pour l’hiver prochain.

« En anticipant le début de saison, on crée de l’activité dans la région. Cela est bénéfique pour les restaurateurs, les commerces et le secteur de l’hébergement », étaie Laurent Vidal, directeur de la station de Bessans. « Nous avons eu beaucoup de retours positifs sur le fait d’ouvrir la station plus tôt cette année, constate le maire, mais beaucoup de personne se demande si cette pratique a un impact sur l’environnement ».

Une pratique qui respecte l’environnement

« Nous avons l’expérimenté car cette pratique s’inscrit dans le respect de l’environnement, sinon, nous ne l’aurions jamais fait », assure Jérémy Tracq, précisant que la sciure de bois et la neige sont réutilisables. Et que le procédé permet de faire des économies d’eau.

La station de Bessans a quand même été confrontée à quelques difficultés. « La saison dernière, nous avons stocké la neige dans une fosse ce qui rendait l’accès aux machines difficile. Elles ne pouvaient pas faire le tour et cela s’est avéré compliqué pour récupérer la neige », explique le directeur de la station. Des améliorations vont être apportées cette année pour rendre la manœuvre moins compliquée et les résultats encore plus satisfaisants.