Réforme de la fonction publique: Les syndicats appellent à la grève ce jeudi

MOBILISATION 150 manifestations sont prévues à travers le pays, à l’appel de la totalité des syndicats, fait rare

20 Minutes avec AFP

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La totalité des centrales syndicales appellent à la grève dans la fonctions publique.
La totalité des centrales syndicales appellent à la grève dans la fonctions publique. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Une mobilisation unitaire qui pourrait n’être « qu’une étape » : les fonctionnaires sont appelés à faire la grève et à manifester partout en France ce jeudi contre le projet de loi censé « moderniser » leur statut, au menu de l’Assemblée nationale à compter du 13 mai. C’est la quatrième journée nationale d’action dans la fonction publique depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, après celles du 10 octobre 2017 et des 22 mars et 22 mai 2018. 150 manifestations sont prévues.

Mais « c’est la première fois que le gouvernement se retrouve confronté à toutes les organisations syndicales qui rejettent un projet de loi », relève Mireille Stivala (CGT), évoquant une « situation inédite ». Les neuf syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) dénoncent une réforme à « la portée très grave », tant pour les agents que pour l’avenir des services publics.

« Passage en force »

Au contraire, le gouvernement a présenté son texte, qui facilite notamment le recours aux contractuels, comme une nécessité pour rendre l’administration « plus attractive et plus réactive » face aux « nouvelles attentes » des Français. Les syndicats ont d’ores et déjà prévenu que la journée de jeudi ne serait « qu’une étape » d’une mobilisation « dans la durée » pour « dire non » à ce projet de loi et demander au gouvernement qu’il « ouvre enfin des négociations sur de nouvelles bases ».

Sur le projet de loi, les syndicats critiquent « un passage en force » du gouvernement, qu’ils accusent de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l’indépendance des agents. Bernadette Groison (FSU) parle de « désaccord profond avec l’orientation choisie par le gouvernement sur l’avenir de la fonction publique » et Gaëlle Martinez (Solidaires) d’un texte « qui fait l’unanimité contre lui ».

Examen à partir de lundi

A la CFDT, Mylène Jacquot cite « l’élargissement du recours au contrat » comme « vrai désaccord » tandis qu’à FO, Christian Grolier dénonce la surdité d’un « gouvernement anti-fonctionnaires » et que Luc Farré (Unsa) voit dans le texte une « boîte à outils » pour « privatiser à terme la fonction publique ».

Le projet de loi sera au menu de l’Assemblée nationale à compter de lundi prochain en première lecture. Le gouvernement souhaite le faire adopter avant l’été pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2020.