Lyon: A quoi pourrait ressembler le projet de RER défendu par les centristes?

TRANSPORTS L'UDI vient de lancer un sondage sur internet et compte exploiter les futurs résultats pour mettre la pression sur les collectivités territoriales en vue des prochaines élections

Caroline Girardon

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Un TER en gare de Perrache à Lyon. Lyon, le 23 mars 2011, CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Un TER en gare de Perrache à Lyon. Lyon, le 23 mars 2011, CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES
  • L’UDI de Lyon lance un sondage en ligne au sujet de l’un des projets qu’elle portera pendant la campagne des municipales : un RER à la lyonnaise.
  • Il ne s’agit pas de créer un nouveau réseau mais de regrouper et renforcer les lignes déjà existantes.
  • Un projet qui passe par un rapprochement entre la SNCF et les TCL.

Les élections municipales approchent à grand pas. A quelques mois de l’échéance, l’UDI de Lyon lance un sondage en ligne sur l’un des projets, qui lui tient à coeur, et qu’elle mettra en avant lors de la campagne électorale : le projet d’un « RER à la lyonnaise ». Un projet qu’elle espère voir intégré dans le cahier des charges pour la désaturation du Nœud ferroviaire lyonnais.

L’élu centriste Christophe Geourjon y travaille depuis plusieurs années, persuadé qu’il suffit d’un peu de bonne volonté pour mettre le projet sur les rails. L’objectif, il ne s’en cache pas : « mettre la pression sur les collectivités territoriales » à travers ce sondage.

680.000 salariés dans la Métropole, 180.000 habitent en dehors de l’agglomération

« Le problème ici est que nous avons la région d’un côté et la métropole de Lyon de l’autre. Chacun reste dans sa tour d’ivoire, défendant son réseau, ses voyageurs. Mais leur vision passéiste ne correspond plus à la réalité », estime-t-il. Aujourd’hui, 680.000 salariés travaillent au sein de la Métropole de Lyon, dont 180.000 vivant en dehors de l’agglomération. « 75 % viennent en voiture. C’est 120.000 véhicules par jour. Il y a un vrai enjeu : comment réduire de façon drastique ce chiffre »

L’idée qu’il développe est finalement assez simple : « Il suffirait d’utiliser les infrastructures existantes et de renforcer le maillage entre les différents moyens de transport. Il y a 35 gares SNCF sur la métropole de Lyon qui sont, pour la plupart, ignorées des usagers car elles sont mal desservies par le réseau TCL. Prenez l’exemple d’Ecully, où le premier arrêt de bus est à plus de 200 mètres de la gare », argumente l’élu. Et de poursuivre : « Certaines sont dotées de parcs relais, rapidement saturés. Mais d’autres, comme celle de Saint-Priest, n’en ont pas. Les utilisateurs ne vont pas prendre le train quand ils ne peuvent pas se garer ».

Le projet de RER à la Lyonnaise, défendu par l'UDI.
Le projet de RER à la Lyonnaise, défendu par l'UDI. - UDI Lyon

Un abonnement à « convergence tarifaire »

« Il faut que la métropole communique et intègre dans les infrastructures SNCF, son offre TCL », ajoute Christophe Geourjon, plaidant pour « une convergence tarifaire », à savoir une carte de transports qui permettrait d’utiliser à la fois les TER et les transports en commun lyonnais. « Cela se fait à Grenoble, Strasbourg, Lille et Marseille. Pourquoi ne serait-ce pas le cas à Lyon ? », s’interroge-t-il, persuadé que cette solution serait « la première étape pour faire bouger les lignes ».

La seconde serait d’inventer notamment une application permettant d’avoir un « compte mobilité », comme cela existe à Mulhouse. « En fonction de son itinéraire, l’usager pourrait voir quels moyens de transport utiliser. Il n’aurait plus besoin de verser 25 chèques de caution. Tout serait centralisé : les transports en commun, les TER intra-muros, les parkings, les locations longue durée de vélo, les Vélo’V, le covoiturage, les services d’autopartage, les locations de voiture », développe Christophe Geourjon, estimant qu’il s’agit là d’une solution réalisable « sans investissement pharaonique ».

Et de conclure en mettant un peu plus de pression sur les collectivités : « D’ici à la fin de l’année, il serait déjà bien que le principe d’une carte à convergence tarifaire soit acté. A Grenoble, ils ont su le faire. Pourquoi cela ne serait-il pas possible à Lyon ? ».