Affaire Bettencourt: Un non-lieu dans l'ultime volet d'une saga judiciaire

JUSTICE Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de l'héritière de l'Oréal, était accusée de subornation de témoins par le photographe François-Marie Banier

20 Minutes avec AFP

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Françoise Bettencourt Meyers et ses fils en 2015.
Françoise Bettencourt Meyers et ses fils en 2015. — JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Après onze ans de bataille judiciaire, la tentaculaire affaire Bettencourt touche à sa fin: la justice vient de rendre un non-lieu en faveur de la fille de l'héritière de l'Oréal, accusée de subornation de témoin dans le dernier volet de ce conflit familial ayant menacé de tourner au scandale d'Etat.

Le juge d'instruction parisien Dominique Blanc a en effet rendu lundi une ordonnance de non-lieu général dans cette procédure, conformément aux réquisitions prises par le parquet de Paris en août 2017, a révélé dimanche le JDD, confirmé par une source proche du dossier.

La fille de la milliardaire s'opposait au photographe-ami de sa mère

L'enquête se fondait sur une plainte déposée en 2010 et relancée en 2015 par le principal protagoniste du scandale, le photographe François-Marie Banier, ancien confident de la milliardaire Liliane Bettencourt dont il avait reçu des centaines de millions d'euros de dons.

Dans ce volet connexe, l'artiste accusait Françoise Bettencourt-Meyers, dont la plainte contre lui en décembre 2007 déclencha l'affaire, d'avoir suscité de faux témoignages ayant abouti à sa condamnation pour «abus de faiblesse» sur la milliardaire, à la tête d'une des plus grosses fortunes de France.

Un accord entre les deux parties

La cour d'appel de Bordeaux, dans un jugement devenu définitif, a condamné le photographe à l'été 2016 à quatre ans de prison avec sursis et 375.000 euros d'amende. Sans toutefois lui réclamer les 158 millions d'euros de dommages et intérêts fixés par le tribunal en première instance. Désormais, François-Marie Banier peut encore faire appel de l'abandon des poursuites pour «subornation de témoin» contre la fille de Liliane Bettencourt.  Mais l'artiste a conclu avec elle un accord, le 18 mai 2017 dans lequel les deux parties «décidaient de mettre un terme définitif aux litiges qui les opposaient», selon le réquisitoire.

L'ancien confident de l'héritière de l'Oréal avait ainsi déclaré se «désister» de sa constitution de partie civile contre la fille de la milliardaire et contre les témoins, sous réserve que la justice prononce un non-lieu définitif au bénéfice de Françoise Bettencourt-Meyers, ce qui est aujourd'hui chose faite.