«Intrusion» à la Pitié-Salpétrière: «Terrifiés» par la violence policière, les gardés à vue ont cherché un refuge dans l'hôpital

MISE AU POINT Le 1er mai, une trentaine de personnes a pénétré dans l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Elles ont été interpellées alors qu’elles étaient aux portes du service de réanimation

F.H. avec AFP

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Conférence de presse du collectif «Les 34 de la Pitié», le 4 mai 2019 à Paris.
Conférence de presse du collectif «Les 34 de la Pitié», le 4 mai 2019 à Paris. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP
  • « Pour fuir ces ultra-violences policières », ces manifestants, « terrifiés », se sont engouffrés par une « grille ouverte » de l’hôpital, où ils se sont « réfugiés sous l’effet de la panique », affirme le Collectif des 34 de la Pitié.
  • « À aucun moment nous ne savions qu’il s’agissait du service de réanimation », ont-ils assuré, insistant sur le fait qu’ils n’étaient « jamais rentrés dans le bâtiment » et qu’il ne s’agissait de leur part ni d’une « attaque, ni d’une intrusion violente », mais que « le but » était « bien de se réfugier ».

Ils affirment qu’ils fuyaient « les ultra-violences policières ». Ce samedi, lors d’une conférence de presse, une dizaine de ces personnes – hommes et femmes – ont lu, à plusieurs voix, une déclaration du Collectif des 34 de la Pitié qu’ils ont créé, pour raconter ce qu’ils avaient «vécu ensemble» le 1er mai. Cette déclaration a été « validée » par l’ensemble des interpellés, ont-ils souligné.

Mercredi, 31 manifestants ont été interpellés menant à un service de réanimation de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Ils sont revenus sur les faits à l’occasion de cette conférence de presse. Alors que le cortège du 1er mai, scindé en deux par les forces de l’ordre, était noyé sous « une pluie de lacrymogène et de LBD​ » boulevard de l’Hôpital et que « tout le monde était visé, y compris un grand nombre d’enfants et de personnes fragiles », « seules deux options s’offraient à nous : subir des coups […] ou se réfugier dans un espace aéré », ont-ils dit.

« Pour fuir ces ultra-violences policières », ces manifestants, « terrifiés », se sont engouffrés par une « grille ouverte » de l’hôpital, où ils se sont « réfugiés sous l’effet de la panique ». Mais, « brusquement », des CRS les ont « chargés », alors que « des voltigeurs » sont arrivés de l’autre côté. C’est alors qu’ils ont pris un escalier pour demander « le droit d’asile ».

« Victimes d’un engrenage politique »

« À aucun moment nous ne savions qu’il s’agissait du service de réanimation », ont-ils assuré, insistant sur le fait qu’ils n’étaient « jamais rentrés dans le bâtiment » et qu’il ne s’agissait de leur part ni d’une « attaque, ni d’une intrusion violente », mais que « le but » était « bien de se réfugier ». Ils ont été interpellés peu après par les CRS auxquels ils n’ont opposé « aucune violence ».

Le collectif a ensuite dénoncé des « violences » à leur encontre au dépôt de police et raconté les conditions difficiles de leurs « 28 » à « 30 heures » de garde à vue, avec une « pression psychologique intense », sans pouvoir voir leurs avocats. C’est au Palais de justice qu’ils se sont rendu compte, en découvrant la polémique entourant leur histoire, qu’ils avaient été « victimes d’un engrenage politique » qui les « dépassait ».

Une manifestation « déclarée et autorisée » s’est « transformée en cauchemar », ont-ils poursuivi, en évoquant des « événements incompréhensibles et inadmissibles ». Auparavant, ces manifestants, « encore sous enquête préliminaire », avaient remercié les « travailleurs et travailleuses de l’hôpital de la Salpêtrière qui ont fait émerger la vérité ».