Toulouse: Il installe son bureau dans la rue, sur une place de stationnement (c'est moins cher qu'un loyer)

SOCIETE Un jeune entrepreneur a décidé de squatter une place de parking en plein centre-ville de Toulouse et d’y installer son bureau. Un double coup de gueule contre le prix des loyers, et le tout-voiture

Helene Menal

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Valentin Décarpentrie  et sa collègue Anja,
Valentin Décarpentrie et sa collègue Anja, — H. Menal - 20 Minutes
  • Un Toulousain a installé son bureau sur une place de stationnement du centre-ville de Toulouse.
  • Il rejoint le mouvement #WePark, qui vient tout juste de partir de Californie et dénonce les loyers des bureaux.
  • C’est une façon aussi de dire qu’il vaut mieux faire de la place aux jeunes entrepreneurs qu’aux voitures.

En ce vendredi après-midi, les automobilistes qui cherchent désespérément à se garer rue Deville lancent des regards soupçonneux quand ils voient ces deux tables – une petite et une grande – installées sur une place de stationnement. Mais Valentin Décarpentrie reste placide. Il est dans son bon droit puisque son ticket de stationnement, à 1.50 euro de l’heure, est posé sur son bureau. Il capte le wi-fi plein pot et, malgré le bruit du trafic intermittent, il se trouve à l’aise pour travailler.

C’est la deuxième fois en une semaine que l’entrepreneur toulousain de 21 ans et ses collègues décident de bosser en plein air. Ils ont emboîté le pas au startupper californien Victor Pontis qui, en un tweet, a lancé le mouvement #WePark, qui pointe les prix astronomiques de l’immobilier de bureau.

 

Valentin Décarpentrie prend son ticket de stationnement.

« Nous voulons lancer le mouvement en France », assure Valentin Décarpentrie. Il voit deux raisons d’y adhérer. Sa fibre écolo d’abord : « On fait trop de place à la voiture. On dépense des millions d’euros pour construire des parkings alors que notre monde s’effondre », s’emporte-t-il.

L’autre motivation est plus professionnelle. Avec la jeune entreprise Ikigai, Valentin et sa bande accompagnent la naissance des start-up. « Le plus dur quand on crée sa boîte, c’est de passer d’un à plusieurs, de ne pas rester isolé dans son coin. Or, les prix sont trop élevés et le milieu de l’immobilier ne loue pas à une entreprise qui se lance », résume Valentin.

Ikigai a fini par trouver des bureaux, rue Deville justement, mais après avoir considérablement galéré. En rejoignant #WePark, les Toulousains espèrent faire des émules, trouver un écho auprès des élus, et déblayer le terrain pour toute la jeune génération d’entrepreneurs.