Comment le label «Cités éducatives» veut-il améliorer la réussite scolaire dans les quartiers populaires?

ECOLE Destiné aux jeunes de 3 à 25 ans, ce plan devrait concerner 60 quartiers à la rentrée prochaine

Lucie Bras

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Image d'illustration d'une enfant à l'école.
Image d'illustration d'une enfant à l'école. — Pixabay/ Coyot
  • Les ministères de l’Education nationale et de la Ville ont lancé le plan « Cités éducatives » pour aider à la réussite des jeunes de quartiers populaires.
  • Le plan vise à coordonner des dispositifs déjà existants et à mobiliser les acteurs locaux.
  • Ce dispositif bénéficiera de 100 millions d’euros de crédits de 2020 à 2022.

Comment améliorer la réussite des élèves de banlieue à l’école ? C’est l’objectif d’un grand plan lancé ce jeudi par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et le ministre de la Cohésion des territoires, Julien Denormandie. Sous le nom de code « label Cités éducatives », cette marque « d’excellence » va mobiliser plusieurs acteurs du territoire pour participer à la réussite des jeunes de 3 à 25 ans dans les quartiers populaires.

Quelles sont les principales mesures mises en place pour améliorer la réussite des jeunes ?

Ce label fonctionne grâce à une « grande alliance éducative », qui rassemble de nombreux acteurs : l’école (professeurs), les universités, les entreprises (formateurs, maîtres de stage, parrains), les lieux culturels (artistes, bibliothèques), les espaces sociaux (crèches, travailleurs sociaux, médiateurs), les services (médecins ou commerçants), équipements sportifs (entraîneurs, bénévoles, éducateurs) mais aussi le cercle familial (parents, amis, voisins…). Le label propose de fédérer tous ces acteurs pour mieux accompagner les jeunes dans leur parcours. Il s’appuie sur l’une des propositions du rapport Borloo sur les banlieues, remis au gouvernement en 2018.

Concrètement, comment ce label peut-il améliorer la réussite des jeunes ?

Avec ce dispositif, le gouvernement espère corriger les « inégalités de destin », qui empêchent les enfants d’avoir les mêmes chances dans la vie, selon leur lieu de naissance. Plusieurs solutions sont proposées : au niveau de l’école, le plan prévoit d’encourager l'« ambition scolaire », en accompagnant les élèves sur la persévérance et l’orientation. L’accent est également mis sur la lutte contre le décrochage scolaire, via un renforcement du programme de réussite éducative, un programme qui existe en France depuis 2005.

Les ministères veulent aussi augmenter la collaboration des écoles avec les lieux culturels, scientifiques et sportifs. Pour améliorer la vie des enfants, le plan prévoit également un dépistage précoce des troubles de santé et des petits-déjeuners gratuits, promis par le gouvernement. Les enfants seront mieux encadrés pendant les vacances ou les soirées par des adultes formés, pour éviter « le repli communautaire et/ou identitaire ». Leurs parents seront aussi impliqués dans le dispositif, via une école plus ouverte. Ils bénéficieront également de nouvelles places de crèches.

Enfin, grâce à un réseau d’entreprises et d’universités, le plan propose de faciliter l’insertion dans le milieu professionnel : stages, partenariats, services civiques, tutorat et mentorat. Dans le même temps, pour permettre aux enfants de se déplacer, ils auront accès aux transports en commun et aux ressources culturelles de l’agglomération.

Quels sont les quartiers concernés par ce label ?

De Strasbourg (Neuhof-Meinau Elsau) à Toulouse (Grand Mirail) en passant par Fort-de-France (Quartiers ouest), 80 quartiers ont été présélectionnés pour faire partie du programme. Ce sont des quartiers d’habitat social de plus de 5.000 habitants, qui « présentent des dysfonctionnements urbains importants, et avec des enjeux de mixité scolaire », explique le dossier de presse. Ces villes ont pour point commun « de faire de l’éducation une grande priorité partagée ». Au total, plus de 130 collectivités ont envoyé leur candidature aux deux ministères afin de bénéficier du label.

Quels moyens sont garantis par l’Etat ?

Ces quartiers pourront bénéficier d’une enveloppe de 34 millions d’euros de crédits par an, soit « près de 100 millions d’euros de 2020 à 2022 », attribués par le ministère de la Ville.

A partir de quand sera-t-il mis en place ?

Les ministres ont déjà présenté 80 quartiers éligibles au label « Cités éducatives ». En septembre prochain, les cités officiellement sélectionnées – elles devraient être une soixantaine – feront leur première rentrée sous ce label.