VIDEO. «Intrusion» à la Pitié-Salpêtrière: Une vidéo fragilise la thèse d'une «attaque»

MANIFESTATIONS Mercredi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait évoqué une « attaque » de militants anticapitalistes d’ultragauche « black blocs »

H.S.

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Capture d'écran de la vidéo diffusée ce jeudi 2 mai sur Facebook.
Capture d'écran de la vidéo diffusée ce jeudi 2 mai sur Facebook. — Nejeh Ben Farhat/Facebook
  • Mercredi 1er mai, une cinquantaine de personnes sont montées sur une passerelle menant au service réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
  • Dans la foulée, le ministre de l’Intérieur a évoqué une « attaque » de certains manifestants contre l’hôpital.
  • Le parquet de Paris a ouvert ce jeudi une enquête sur ces faits très confus, qui suscitent depuis de nombreuses réactions politiques.

Mercredi 1er mai, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a évoqué une « attaque » de militants anticapitalistes d’ultragauche « black blocs ». Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a dénoncé de son côté une « exaction » et un acte « inqualifiable ». En cause, la tentative d’intrusion de plusieurs manifestants dans le service de réanimation de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière en marge des manifestations du 1er mai.

Alors que le parquet de Paris a annoncé ce jeudi l’ouverture d’une enquête sur ces faits, une vidéo diffusée et très partagée sur les réseaux sociaux vient apporter un nouvel éclairage sur cette séquence qui suscite depuis de nombreuses réactions politiques.

Sur les images diffusées sur Facebook, on aperçoit plusieurs soignants sur une passerelle menant au service réanimation de l’hôpital. Au loin, un mouvement de foule intervient sur la droite, poussant les manifestants vers cette aile de l’établissement. L’équipe médicale se réfugie derrière la porte donnant sur le service avant de la maintenir pour empêcher d'entrer les premiers manifestants qui semblent vouloir s’y réfugier.

« Calmez-vous, ils ne vont rien vous faire »

« Non ! », « Il y a des malades ici (…) C’est la réanimation ici », crient dans un premier temps les médecins et infirmières à l’attention des personnes massées sur la passerelle. Si la vidéo ne permet pas de voir distinctement le comportement des personnes massées contre la porte de service, on entend à plusieurs reprises le bruit de la poignée qui s’actionne et les soignants tenter de rassurer les manifestants. « Non, vous ne pouvez pas rentrer (…) Calmez-vous, ils ne vont rien vous faire (…) Tout va bien se passer », dit l’un des membres du personnel de l’hôpital en évoquant les forces de l’ordre situées en bas de l’escalier.

Après cette séquence, qui dure moins de cinq minutes, les policiers parviennent à faire redescendre dans le calme les manifestants. S’enchaîne une discussion entre les médecins : « Après, c’est la faute des CRS, ils les ont pris en tenaille, la seule issue c’était ici », lâche l'un d'eux. Pour tenter d’éclaircir les circonstances de l’événement, le parquet de Paris a ouvert une enquête et 32 personnes sont actuellement en garde à vue pour « attroupement en vue de commettre des dégradations ou des violences ». La Sûreté territoriale a été saisie. 

«L'enceinte de l'hôpital a été forcée. Des individus ont tenté de s'introduire dans un service de réanimation. C'est un incident très grave, ces faits sont inadmissibles», a maintenu de son côté l'entourage du ministre.