Ascoval: Le groupe British Steel va reprendre l'aciérie nordiste de Saint-Saulve

ECONOMIE Le tribunal de Strasbourg a accordé ce jeudi la reprise de l'aciérie nordiste au groupe britannique British Steel

F.L. avec AFP

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Les travailleurs de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve, près de Valenciennes, dans le nord de la France,  le 19 décembre 2018 dans l'usine.
Les travailleurs de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve, près de Valenciennes, dans le nord de la France, le 19 décembre 2018 dans l'usine. — FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Vu les nombreux rebondissements dans ce dossier, les salariés d’Ascoval attendront encore avant de pousser un grand ouf de soulagement. Mais c’est une bonne nouvelle qui est arrivée ce jeudi de Strasbourg. La chambre commerciale du tribunal de grande instance a confié la reprise de l’aciérie de Saint-Saulve (Nord) au sidérurgiste britannique British Steel.

La chambre commerciale « arrête le plan de cession d’Ascoval à la société Olympus Steel Ltd », maison-mère de British Steel, a indiqué le greffe du TGI de Strasbourg. La prise d’effet de cette cession a été fixée au « 15 mai 2019 à minuit ».

Une filière complémentaire pour British Steel

En reprenant l’aciérie électrique de Saint-Saulve près de Valenciennes, British Steel ouvre une filière complémentaire à celle des hauts fourneaux pour développer une production à partir d’acier recyclé destiné aux « produits longs » (rails ferroviaires, fil machine). ll est prévu que la capacité maximale de production de l’usine (600 000 tonnes) soit atteinte d’ici trois ans en 2021.

« Nous nous réjouissons de participer à l’écriture d’une nouvelle page pour Ascoval. Nous avons été très impressionnés, malgré les difficultés traversées, par le dynamisme, la motivation exemplaire et les qualités techniques des équipes, ainsi que par le soutien de toutes les parties prenantes », s’est réjoui dans un communiqué Roland Junck, chairman du groupe British Steel.

Les 270 salariés vont garder leur emploi

Les 270 emplois de l’entreprise seront conservés avec l’ensemble de leurs droits acquis ainsi qu’un certain nombre de compensations liées au passif social. « Nous sommes très heureux et soulagés de passer sous l’étendard British Steel, Le projet est solide en termes de développement industriel, il permet d’assurer la stabilité financière de l’aciérie, le maintien de tous les emplois et offre des garanties de pérennité avec de nombreuses synergies commerciales, en recherche & développement, et à l’international, » précise Cédric Orban, CEO d’Ascoval, qui conservera la direction de l’aciérie.

« Le seul message que je suis venu vous adresser ici, c’est un immense merci » aux « organisations syndicales », aux « salariés », a dit ce jeudi après-midi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire devant une trentaine des 270 salariés de l’usine, réunis dans un hangar sur le site proche de Valenciennes. « Les ouvriers ont une force d’âme en France, vous l’avez prouvé (…) C’est vous qui avez sauvé votre outil de production ! », a-t-il déclaré au côté d’élus de tous bords, dont le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR), le maire de Valenciennes Laurent Degallaix (UDI) ou encore le député PCF Fabien Roussel.

« C’est une jolie fin »

« C’est la fin du feuilleton Ascoval, mais c’est une jolie fin, ça arrive suffisamment rarement pour que ce soit souligné » a-t-il poursuivi, voyant « plein de leçons à tirer de cette histoire » : « quand on veut, on peut. Tous ceux qui pensent que la politique, ça ne sert plus à rien, que la mobilisation, ça ne sert plus à rien, que le travail collectif, ça ne sert plus à rien, vous venez de leur infliger un démenti cinglant », a-t-il assuré.

« Quand on met de côté les postures politiques (…) on y arrive », s’est encore réjoui le ministre, remerciant les responsables politiques de la région, « au premier rang » desquels Xavier Bertrand, qui a « bien joué son rôle » de président de la région Hauts-de-France. « L’industrie française a son avenir devant elle (…) C’est vous les salariés qui tiendrez la plume », a-t-il dit.

Un projet de reprise avait échoué en février dernier

Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, cette aciérie qui fabrique des tubes d’aciers spéciaux attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, auquel le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60 % de l’usine, tout en conservant 40 % des engagements de commandes.

Mi-décembre, le TGI de Strasbourg avait mis fin à un long suspense en validant la reprise de l’usine par Altifort. Mais le projet avait échoué en février, le groupe franco-belge ne parvenant pas à réunir les 35 millions d’euros qu’il s’était engagé à apporter. Les salariés espèrent désormais que Britsh Steel ne leur fera pas faux bond.