VIDEO. Quel bilan pour la manifestation du 1er-Mai?

MOBILISATION Syndicats et «gilets jaunes» ont défilé ensemble, mais sans se mélanger

Nicolas Raffin

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Le défilé du 1er Mai 2019 à Paris a été émaillé d'incidents.
Le défilé du 1er Mai 2019 à Paris a été émaillé d'incidents. — Francois Mori/AP/SIPA
  • Au moins 164.000 personnes ont participé aux différents défilés du 1er-Mai. 
  • A Paris, le défilé a été marqué par des heurts en début et en fin de manifestation. 
  • Les syndicats ont parfois été un peu éclipsés par les «gilets jaunes». 

Un 1er-Mai boosté par les «  gilets jaunes ». Comme annoncé sur les réseaux sociaux, de nombreux sympathisants de ce mouvement sont venus grossir les rangs des cortèges traditionnels organisés par les syndicats pour la fête du Travail. Au total, selon le ministère de l’Intérieur, environ 164.000 personnes ont participé aux manifestations de ce mercredi, contre 143.500 l’année dernière. La CGT revendiquait de son côté 310.000 manifestants dans toute la France.

A Lille, à Marseille, à Lyon, ou encore à Rennes, ces défilés « mixtes » se sont globalement déroulés dans le calme, même si « gilets jaunes » et syndicalistes ont parfois fait bande à part. La situation était en revanche beaucoup plus tendue à Paris, où 40.000 personnes s’étaient rassemblées d’après un comptage du cabinet Occurrence pour plusieurs médias, dont 20 Minutes. Avant même le démarrage officiel de la manifestation, des heurts ont éclaté en tête de cortège entre « black blocs » et forces de l’ordre dans le quartier Montparnasse.

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a dû être exfiltré temporairement par précaution. « La police a chargé la CGT », a affirmé le leader syndical. La FSU, qui co-organisait le rassemblement, a même décidé de quitter définitivement le cortège après les premiers incidents. Des affrontements sporadiques ont ensuite eu lieu en fin d’après-midi, à proximité du commissariat du XIIIe arrondissement, et une banque a subi des dégradations importantes. Au moins deux CRS ont été touchés à la tête et plusieurs manifestants ont également subi des blessures. Au total, plus de 200 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue rien qu’à Paris.

Un message brouillé ?

Un peu partout en France, les banderoles et les slogans étaient souvent critiques vis-à-vis du gouvernement. « Vu que le grand débat de Macron n’a rien donné, on continue jusqu’au moment où on pourra vivre décemment. Tant qu’il ne nous écoutera pas, on sera dans la rue » a prévenu Emile, interrogé par 20 Minutes dans le défilé à Lille.

A Rennes, où près d’un millier de personnes ont défilé, Christian, libraire de 52 ans, était venu pour « réagir face à cette politique antisociale qui est en train de casser la société. Des gens comme Macron se présentent comme des progressistes mais ce sont des régressistes ».

Les leaders syndicaux craignent néanmoins que ces revendications ne soient pas audibles au milieu des violences. « Ça brouille le message », a reconnu dans la matinée Yves Veyrier, le numéro un de FO. « J’espère (…) qu’on retiendra que des organisations syndicales ont porté des préoccupations, des revendications sociales et des propositions », soulignait de son côté Laurent Berger (CFDT).

La grande conférence en ligne de mire

Après ce 1er-Mai mouvementé, les syndicats auront une nouvelle chance pour se faire entendre du pouvoir. Ils sont en effet attendu lundi prochain à Matignon à l’occasion d’une « grande conférence nationale » décidée après le discours d’Emmanuel Macron fin avril. En compagnie des représentants du patronat et d’associations, ils devraient évoquer le « retour au plein emploi » et la transition écologique. Les discussions devraient a priori être plus apaisées que dans les cortèges de ce mercredi.