Manifestation du 1er-Mai: Les ultramarins défilent aussi

REVENDICATIONS Le syndicalisme n'a pas la même puissance d'un outre-mer à l'autre, comme en témoigne notre revue de presse

J.B.

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A La Réunion, les syndicats ont manifesté en ordre dispersé ce mercredi 1er mai 2019.
A La Réunion, les syndicats ont manifesté en ordre dispersé ce mercredi 1er mai 2019. — Capture d'écran Réunion La 1ere

L’appel à la mobilisation des syndicats et des « gilets jaunes » pour ce mercredi 1er-Mai a porté loin, mais trop fort non plus. Les ultramarins se sont en effet eux aussi mobilisés, avec des motivations diverses.

  • Une messe à Futuna

Décalage horaire oblige, les premiers à avoir célébré la Fête du travail sont les Wallisiens et les Futuniens – ils sont en avance de douze heures actuellement par rapport aux métropolitains. Et la journée a été marquée par une ferveur toute religieuse. Comme le rapporte la 1ere.fr, des centaines de fidèles ont honoré saint Joseph, le saint patron du village de Fiua, dans le royaume de Sigave (côte nord-ouest de Futuna). Une cérémonie marquée par la présence du nouvel évêque du diocèse, monseigneur Susitino Sionepoe (son ordination a eu lieu le 24 mars).

  • Une marche « pour la justice sociale à Nouméa »

En Nouvelle-Calédonie, l’Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE) a réussi à rassembler dans le calme 2.000 personnes, selon les organisateurs (50, selon la police). Toutes ont défilé dans la matinée à Nouméa, capitale de l’archipel et de la province Sud, « pour la justice sociale » dans un contexte de « creusement des inégalités » et « d’indifférence des dirigeants », ont expliqué des cadres de l’USTKE, cités par Les Nouvelles-Calédoniennes.

  • Pas d’intersyndicale, mais différentes actions à La Réunion

Autre océan, autre ambiance. La Réunion s’est parée de rouge et de jaune, ce mercredi. Les syndicats n’ont toutefois pas présenté de front uni. Un choix « stratégique » qui a permis de délocaliser et d’éclater les actions aux quatre coins de l’île, ont justifié les responsables syndicaux dans différents médias.

Sous les bannières de la CGTR, la FSU, Sud Solidaires et le Saiper, un millier de personnes se sont rassemblées au Port, présenté comme « le berceau du syndicalisme [local] » par Sylviane Dijoux, secrétaire générale adjointe de la CGTR-BTP. C’est en effet dans cette commune de l’ouest de l’île qu’est né en 1902 le premier syndicat de salariés et de cheminots. FO, quant à elle, a fait bande à part, a relevé IPréunion : « La conception que nous avons du 1er-Mai, c’est à Saint-Denis [chef-lieu et « siège du gouvernement »] », a tranché Eric Marguerite, secrétaire général de Force ouvrière auprès du Quotidien. Pour ce qui est de la CFDT, elle n’a pas dérogé à sa tradition du pique-nique-échanges dans la forêt de l’Etang-Salé, dans le sud de l’île, a noté Zinfos974.

  • Un 1er-Mai en famille à Mayotte, où le syndicalisme est récent

Un peu plus haut, un peu plus à l’ouest, les Mahorais ont battu le pavé. En comité très restreint. Une trentaine de manifestants à peine ont répondu à l’appel de la CGT Ma et de la CFDT Mayotte, a constaté Le Journal de Mayotte. Le syndicalisme est très récent dans le 101e et dernier-né des départements français. La section locale de la CGT est née il y a 20 ans, quelques années après celle de la CFDT, retrace le quotidien. Le 1er-Mai est donc « quelque chose de nouveau (…), un jour férié que les Mahorais passent plutôt en famille », a justifié Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT Ma, le syndicat majoritaire dans l’île aux Parfums.

  • Les dix ans du LKP en Guadeloupe

Le 1er-Mai fera-t-il des vagues dans l’Atlantique ? Difficile de le savoir, décalage horaire oblige, là encore. En Guadeloupe, selon RCI, dix syndicats participeront au défilé unitaire qui se tiendra aux Abymes et qui revêtira un caractère symbolique cette année. L’année 2019 marque en effet le dixième anniversaire de la naissance du LKP, Liyannaj Kont Pwofitasyon («l’Alliance contre les profiteurs »), collectif guadeloupéen d’organisations syndicales. La fête pourrait toutefois être de courte durée, de fortes pluies devant s’abattre sur l’archipel ce matin.

  • Front uni en Martinique

En Martinique, les syndicats CDMT, CGTM, FSU, Usam, UNSA et CSTM promettent un défilé unitaire dans le chef-lieu, Fort-de-France, avec, dans leur collimateur, la politique du gouvernement, rapporte la 1ere.fr. « Ce qui est important, c’est que l’on recrée un rapport de forces nécessaire par rapport à tout ce qui est décidé en France parce que l’on sait que les dispositions qui [y] sont prises ne sont nullement adaptées à notre réalité martiniquaise et que les politiques, en Martinique, ne jouent pas le jeu sincère que nous attendons », a dénoncé Marc Galop, de l’Usam.

  • C’est le gouvernement qui reçoit en Polynésie

Pour terminer ce tour des outre-mer, retour en Polynésie, où la Fête du travail a une particularité, puisque le gouvernement a pour tradition de recevoir les centrales syndicales. Reste à savoir cependant si elles seront toutes au rendez-vous, souligne la 1ere.fr, car, seules la CSTP/Fo et A Tia I Mua ont confirmé leur présence.