Les locaux de l'hôtel de police de Lyon.
Les locaux de l'hôtel de police de Lyon. — C. Villemain / 20 Minutes

AGRESSION

Lyon: Un ancien commissaire divisionnaire visé par une plainte pour violence dans un supermarché

L’homme est soupçonné d’avoir violemment frappé une femme à la suite d’une altercation à la caisse d’un supermarché

  • Trois femmes, originaires de Lyon, ont porté plainte pour violence à la suite d’une altercation dans un supermarché.
  • L’une d’elles vise directement un ancien commissaire divisionnaire de Lyon, accusé d’avoir violemment frappé au visage l’une des plaignantes.
  • Ce dernier a livré une version totalement différente des faits.

EDIT : Le policier mis en cause se défend de toute agression délibérée. Sa version des faits détaillée est publiée dans cet article

« Le fait de frapper des femmes doit être réprimé fermement ». Colère de l’avocat Jean-Christophe Basson-Larbi. Trois de ses clientes ont déposé plainte pour violence, après une altercation qui a dégénéré dans un centre commercial de l’Ouest lyonnais. L’une vise un ancien commissaire divisionnaire de Lyon.

Les faits remontent au 20 avril, le samedi de Pâques. Nadia (les prénoms ont été changés), sa soeur Sofia et Lila, la fille de cette dernière, se rendent en fin de journée à Ecully pour faire quelques commissions. Au moment de passer à la caisse, la première, occupée à téléphoner, se serait fait doubler dans la file. Elle l’aurait alors fait remarquer à la « femme d’un certain âge » qui lui serait passer devant. Celle-ci se serait excusée et serait restée sur le côté. Les choses auraient pu s’arrêter là. Mais la situation, contre toute attente, s’envenime.

Insulte raciste

« Ce n’était visiblement pas du goût d’une jeune femme qui accompagnait cette dame. Elle lui a pris son chariot et a poussé ma cliente avec », raconte Jean-Christophe Basson-Larbi. « Je lui ai demandé si elle avait un problème. Ce à quoi elle m’a répondu en m’insultant notamment de 'sale p… d’arabe' », explique Nadia dans sa plainte que 20 Minutes a pu consulter. Des propos confirmés par les deux autres plaignantes.

La suite ? Nadia aurait reçu une gifle et se serait fait tirer les cheveux. Les deux femmes en seraient venues aux mains. La soeur et la nièce auraient tenté d’intervenir pour les séparer. Les vigiles aussi. Enervée, Sofia aurait saisi un paquet d’autocollants qu’elle aurait jeté en direction de la jeune femme, avant de recevoir un violent coup.

10 jours d’ITT

« Elle n’a rien vu venir. Un homme, qui se trouvait près d’elle, l’a frappée au visage. Il lui a balancé un crochet qui l’a envoyée au tapis et lui a fait perdre connaissance quelques secondes », accuse l’avocat. Examinée par les médecins, elle se fera prescrire 10 jours d’ITT pour une entorse cervicale. Nadia et Lila ressortiront avec 5 jours d’ITT.

Depuis, leur avocat a saisi le défenseur des droits et l’IGPN. « J’ai été étonné d’apprendre qu’ils n’ont trouvé aucune trace dans leur logiciel des trois plaintes déposées », appuie-t-il, livrant le sentiment de ses clientes : « Elles ont l’impression que la police n’a pas envie d’enquêter sur ce dossier-là même si les images des caméras de vidéosurveillance corroborent leur propos. On leur a dit que leurs plaintes seraient sûrement classées sans suite ».

« En tant qu’ancien policier, il avait connaissance du caractère délictuel et disproportionné de son geste »

« Je vais me garder de toute généralité mais j’ai l’impression qu’on essaie de couvrir cet homme, compte tenu de ses états de service et de sa réputation. Comme si l’on cherchait à minimiser son acte. Il s’agit pourtant d’un délit pénal, qui doit être sanctionné sévèrement. En tant qu’ancien policier, il avait connaissance du caractère délictuel et disproportionné de son geste », enchaîne Jean-Christophe Basson-Larbi, qui a écrit au parquet de Lyon afin de lui demander d'« établir la nature des rapports entre les deux agresseurs », de « retenir le caractère raciste » de l’agression et d' « exploiter tous les éléments de preuve » apportés au dossier.

Des versions différentes

De son côté, le policier accusé, a livré dans sa déposition une version totalement différente des faits. Toute comme la seconde personne, visée par les plaintes. Selon eux, ce sont les deux jeunes femmes, qui auraient tenté de doubler à la caisse, et qui se faisant reprendre, auraient insulté et menacé de mort la « dame d’un certain âge ». L’ancien divisionnaire, voyant le ton monté, serait intervenu pour calmer les esprits avant de se prendre lui-même un coup.

Le parquet de Lyon, que nous avons contacté, a confirmé qu’une procédure était en cours et précisé que les investigations se poursuivaient.