Didier Guillaume annonce la création d'un observatoire des actes de malveillance contre les agriculteurs

PROTECTION Selon le ministre de l’Agriculture, les agressions verbales se multiplient contre les « agriculteurs-pollueurs » sur leur lieu de travail

20 Minutes avec AFP

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Didier Guillaume, ministre de l'agriculture, à Matignon le 29 avril 2019.
Didier Guillaume, ministre de l'agriculture, à Matignon le 29 avril 2019. — AFP

Pour lutter contre les agressions dont sont victimes les agriculteurs, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, lance un « observatoire de l’agri-bashing », destiné à recenser les actes de malveillance. Le ministère prévoit également la mise en place de zones où des traitements phytosanitaires seront interdits.

« Dans le département de la Drôme où j’étais vendredi, a été installé un observatoire contre l’agri-bashing car il faut vraiment bien s’expliquer », a indiqué le ministre sur CNews ce lundi. « Une personne me disait "j’étais dans mon champ sur mon tracteur et quelqu’un est venu m’agresser verbalement en traitant d’agriculteur-pollueur". On ne peut pas rester comme ça », a souligné le ministre. Didier Guillaume s’est déclaré « inquiet » des agressions verbales qui se multiplient à l’encontre d’agriculteurs en train de travailler. « Cela m’inquiète vraiment beaucoup », a-t-il ajouté.

Des zones de « non-traitement »

Le ministre a indiqué que des « chartes » prévoyant des zones « de non-traitement » allaient être mises en place parallèlement, pour faciliter la cohabitation des agriculteurs en zone habitée, « le long d’un Ephad, d’une maison de retraite ou d’une école », en concertation avec « le maire, les associations, les agriculteurs ». « D’ores et déjà quand il y a du vent, il est interdit de traiter. La transition agroécologique, elle est irréversible », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la réunion internationale en cours à Paris sur la chute de biodiversité dans le monde, le ministre a rappelé que la France allait être « le premier pays en Europe » à réduire fortement l’utilisation des pesticides et des produits phytosanitaires d’ici 2025. « Il n’y a pas que le bio, c’est toute l’agriculture qu’il faut convertir, en agriculture raisonnée, en agriculture qui permette d’utiliser moins de glyphosate, moins de produits phytosanitaires », a-t-il dit.

Un délai pour se passer du glyphosate

Le ministre avait rappelé le 10 avril les objectifs de la France en la matière : « réduire de 25 % l’utilisation de produits phytopharmaceutiques en 2020 et de 50 % en 2025, et de sortie du glyphosate d’ici fin 2020 pour les principaux usages pour lesquelles des alternatives existent, et d’ici fin 2022 pour l’ensemble des usages ».

Pour se passer du glyphosate, « toutes les filières avancent », avait-il constaté vendredi dans une interview accordée au quotidien Le Dauphiné, « si dans certains secteurs ce n’est pas possible au 1er janvier 2021, alors on donnera un petit délai de plus », avait-il concédé.

Malgré deux plans successifs destinés à réduire les pesticides en agriculture depuis 2007 (Ecophyto), la France a supprimé beaucoup de molécules dangereuses pour la santé humaine mais n’a guère réduit les volumes de produits phytosanitaires utilisés, destinés à maintenir les rendements agricoles et la compétitivité du secteur agroalimentaire face à la concurrence mondiale.