VIDEO. Moselle: Un abbé de 85 ans tombé malade remercié par une cinquantaine de «gilets jaunes» venus assister à sa messe

JOLIE HISTOIRE Un abbé âgé de 85 ans a eu la surprise de voir une cinquantaine de «gilets jaunes» investir la messe dimanche matin à Creutzwald

Gilles Varela

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Un manifestant «gilet jaune» à un barrage routier à Vincent-de-Paul près de Bordeaux le 26 novembre 2018
Un manifestant «gilet jaune» à un barrage routier à Vincent-de-Paul près de Bordeaux le 26 novembre 2018 — UGO AMEZ/SIPA

L’abbé Gilbert, âgé de 85 ans, « gilet jaune » de la première heure, était tombé malade.

Une cinquantaine de « gilets jaunes » lui ont fait la surprise d’assister à la messe dimanche à l’église du centre à Creutzwald (Moselle) , vêtus avec le fameux gilet.

Il a battu le pavé, occupé pendant de longues journées les ronds points, dès les premiers jours du mouvement des « gilets jaunes »… Avant d’attraper froid et de tomber malade, une pneumonie sévère. Et à 85 ans, ce n’est pas anodin. Mais l’abbé Gilbert, à la retraite mais qui assiste ou remplace encore l’Abbé David Meyer, en charge de l’église du centre de Creutzwald (Moselle), suscite l’admiration des paroissiens mais aussi celles des « gilets jaunes » avec qui il menait le combat tout autour de Saint-Avold. A tel point que ces derniers, une cinquantaine de personnes, lui ont fait la surprise de venir assister à la messe de dimanche, tous vêtus du fameux gilet jaune, afin de célébrer son rétablissement…

L’Abbé Gilbert, très ému, a donc procédé à l’homélie, introduction à la célébration, à la méditation puis a fait un petit discours, pour remercier les « gilets jaunes » présents.

Contacté par 20 Minutes, l’abbé Gilbert, modeste et qui n’aime pas « se mettre en avant, être en première ligne », « préfère être un homme de l’ombre » (rires). Il reconnaît cependant avoir été très touché par ce signe de solidarité, des personnes qui prenaient de ses nouvelles pendant sa convalescence. « Je ne savais pas qu’ils viendraient pendant la messe, c’était une vraie belle surprise et cela m’a fait chaud au cœur », explique d’une voix douce et frêle l’abbé. Une douceur qui n’empêche pas l’homme d’Eglise de rester bien campé sur ses positions.

« Il faut continuer, ne rien lâcher, prévient l’octogénaire. Je fais trop de rencontres de gens dans la misère, des femmes seules avec des enfants qui n’arrivent pas à s’en sortir. Cela me fait mal au cœur. Ils viennent chez moi, les "gilets jaunes" aussi, c’est un peu la maison du bon Dieu ». En attendant, l’abbé Gilbert compte bien descendre dans la rue dès le 1er mai…