VIDEO. «Gilets jaunes» acte 24: Une mobilisation en baisse et Strasbourg en tête de la contestation

MANIFESTATION Une mobilisation faible, une convergence des luttes discrète et des tensions à Strasbourg au menu de l'acte 24 des « gilets jaunes »

J.D.

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Des — SIPA

L’acte 24 des « gilets jaunes » a été marqué par une faible mobilisation : 23.600 manifestants dans toute la France dont 2.600 à Paris selon les chiffres du ministère de l’Intérieur communiqué à 19 heures. La semaine dernière, le ministère avait comptabilisé 27.900 manifestants, dont 9.000 dans la capitale. Si la mobilisation était parmi les plus faibles, la « motivation était intacte » après le « bla-bla » présidentiel post-grand débat. Ce nouveau samedi illustrant la persistance d’un mouvement inédit, qui empoisonne l’exécutif depuis plus de cinq mois, a été marqué par quelques tensions à Strasbourg, Lille ou Toulouse. Etat des lieux.

A Paris, des gilets jaunes contre un « traitement médiatique partial »

Les manifestations à Paris ont d’ailleurs été parmi les plus calmes depuis le début du mouvement, les « gilets jaunes » peu nombreux défilant jusqu’à place d’Italie, ou alors faisant une marche pour dénoncer un « traitement médiatique partial » en allant devant plusieurs sièges de médias. Excepté quelques insultes aux journalistes [particulièrement aux chaînes de télé], ces deux manifestations se sont déroulés sans incidents. « BFM corrompu », ont ainsi chanté certains « gilets jaunes » devant le siège de la chaîne d’information en continu. « Les policiers veulent arrêter les journalistes indépendants parce que ce sont les seuls à dire la vérité. Les médias traditionnels ne disent pas la vérité », a estimé dans le cortège Julien, un boulanger de Grigny (Essonne). « Ce qui me dérange, c’est la confusion entre journaliste, chroniqueur et éditorialiste. On ne sait plus qui est qui », a souligné Paco, 35 ans.

Une pancarte proclamant « le droit d’informer pour Gaspard Glanz » était aussi visible dans le cortège. Ce reporter de 32 ans a été interpellé samedi dernier place de la République à Paris, lors de l’acte 23 des « gilets jaunes » pour avoir fait un doigt d’honneur après avoir été poussé par un policier. Il doit être jugé le 18 octobre pour « outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Il lui est également interdit de couvrir les manifestations parisiennes.

Des tensions à Strasbourg

Strasbourg, l’un des bastions de la mobilisation de cet acte 24 a connu quelques tensions, avec usage de lacrymogènes et de grenades de désencerclement par les forces de l'ordre. La présence de membres des « blacks blocs » a notamment été signalée. La police faisait état de 42 interpellations et sept blessés (trois policiers, trois manifestants et une riveraine) dans un bilan communiqué à 19h40.

A un mois des élections européennes, les organisateurs entendaient donner un caractère « international » à la journée d’action avec une manifestation à Strasbourg, où les forces de l’ordre ont barré la route du centre et des institutions européennes au cortège (2.000 « gilets jaunes » selon la préfecture). Dans la foule, Pascal a estimé qu’il n’y avait « rien eu de concret » dans les annonces faites par le président jeudi. « Ça m’a remotivé », a-t-il expliqué. Pour ce préretraité, le chef de l’Etat s’en est tenu à du « bla-bla ». Interdit de manifestation parisienne, le journaliste Gaspard Glanz a été aperçu dans le cortège strasbourgeois.

Regain de forme à Bordeaux

Bordeaux, la mobilisation a connu un regain de forme. Quelques milliers de personnes ont marché samedi sans violences, surtout en périphérie, après avoir été empêchées par de nombreux barrages policiers de manifester dans le centre-ville. Le cortège de « gilets jaunes », dont le nombre paraissait avoir doublé depuis samedi dernier (1.500 personnes avaient alors manifesté, selon une source policière), a démarré en scandant : « On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là ! ».

La préfecture de Gironde a fait état en fin de journée d’un total de huit interpellations, 12 verbalisations, et un policier « légèrement blessé » par un coup de poing, dont l’auteur a été interpellé. Aucune dégradation n’a été constatée.

Si la convergence des luttes tant annoncée lors de cet acte 24 a été relativement discrète, rendez-vous est pris pour le mercredi 1er mai date à laquelle d’autres manifestations sont prévues.