Acte 24 des «gilets jaunes»: Après les annonces de Macron, les manifestants se préparent à un nouveau samedi de mobilisation

MOUVEMENT SOCIAL Marches, opération escargot, rassemblements… Après les annonces d’Emmanuel Macron, les « gilets jaunes » seront encore mobilisés dans les rues

20 Minutes avec AFP

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Une — FRED SCHEIBER/SIPA

Opération escargot sur le périphérique lyonnais, « marche sur les médias » à Paris ou marche nocturne à Cambrai… Dans toute la France, deux jours après les annonces d'Emmanuel Macron, les «gilets jaunes» battront à nouveau le pavé pour la 24e journée de leur mouvement.

Emmanuel Macron a tenté de tendre la main aux « gilets jaunes » lors de sa conférence de presse à l’Elysée en saluant les « justes revendications à l’origine » de ce mouvement qui, depuis le mois de novembre, a profondément changé la tournure de son quinquennat. Le tout assorti de la promesse de déployer « plus de fonctionnaires sur le terrain », de réduire « significativement » l’impôt sur le revenu ou de supprimer l’ENA.

Un appel « international » à manifester

Samedi, l’ampleur de la mobilisation permettra de mesurer la réaction de la rue. Le 20 avril, les « gilets jaunes » étaient 27.900 dans toute la France, selon le ministère de l’Intérieur, 100.000 selon leur propre décompte. « 27/04 manif 01/05 manif 04/05 manif 08/05 manif 11/05 manif 18/05 manif 25/05 manif », a listé dans un tweet lapidaire en forme d’avertissement l’une des figures des « gilets jaunes », Priscillia Ludosky, peu après la conférence de presse présidentielle. A Strasbourg, le mouvement a lancé sur les réseaux sociaux un appel dit « international » à manifester à partir de 13 heures en direction du Parlement européen, à un mois des élections européennes. La page Facebook dédiée rassemblait vendredi 3.500 personnes intéressées, les organisateurs espérant attirer aussi des manifestants allemands et belges.

La préfecture a interdit toute manifestation dans certains secteurs de l’île formée par le centre-ville historique, le parvis de la gare ainsi que les abords des institutions européennes. « On est sur un niveau de vigilance très importante », confie une source policière, tout en soulignant que, vendredi à la mi-journée, il n’y avait « pas de mouvement structuré de l’étranger annoncé ». Jusqu’à présent, les manifestations des « gilets jaunes » sont restées d’une ampleur modérée dans la capitale alsacienne.

La Roche de Solutré interdite d’accès

En Lorraine, des covoiturages sont organisés pour rejoindre la manifestation strasbourgeoise. En Saône-et-Loire, l’accès au sommet de la Roche de Solutré a été interdit pour samedi par la préfecture, mais le déploiement d’un « gilet jaune géant » sur la célèbre falaise est toujours prévu par les organisateurs de cette action.

A Toulouse, épicentre d’un acte 23 du mouvement émaillé d’échauffourées entre manifestants et forces de l’ordre, il sera à nouveau interdit de manifester sur la place du Capitole de 10 heures à 21 heures mais un appel des « gilets jaunes au centre » a néanmoins été lancé pour le début d’après-midi. A Lille, Rennes ou encore Rouen, les manifestations seront également interdites dans le centre-ville. A Paris, le périmètre prohibé comprendra les Champs-Elysées, l’Elysée, les abords de l’Assemblée nationale et de Notre-Dame.

Le grand rendez-vous du 1er mai

Alors que certains groupes de « gilets jaunes » se concentrent sur l’organisation de la journée du 1er mai, des convergences entre syndicalistes et gilets jaunes sont déjà prévues ce samedi. A Paris, une manifestation partira du quartier de Montparnasse sous le mot d’ordre de « Riposte générale », à l’appel notamment de la CGT. Elle devrait opérer une jonction avec les « gilets jaunes ».

A Nice, « le grand rendez-vous pour tout le monde, c’est au 1er mai », avance Alex, « gilet jaune » et ancien chauffeur en cours de reconversion dans le BTP. « [Emmanuel Macron] nous a fait son grand blabla, il va avoir sa réponse », prévient-il.

Alors que l’épisode 23 du mouvement avait été marqué par les « suicidez-vous » lancés aux policiers par certains manifestants, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a dénoncé « un rituel de la violence ». « Il s’agit de mettre en cause le président de la République, de façon systématique, ils n’ont pour seul désir que de faire tomber nos institutions », s’est-il indigné à la veille de la 24e journée de mobilisation.