VIDEO. Toulouse: Passer à 24 élèves par classe, la bonne idée qui risque de se heurter à certaines réalités

EDUCATION Pour appliquer la mesure de 24 élèves dans les classes de grande section de maternelle, la mairie de Toulouse a calculé qu’il lui faudrait ouvrir près de 60 nouvelles classes, soit huit nouvelles écoles

Beatrice Colin

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Dans une classe d'une école maternelle de Toulouse (Illustration)
Dans une classe d'une école maternelle de Toulouse (Illustration) — Frédéric Scheiber/20MINUTES
  • Jeudi, lors de son allocution, Emmanuel Macron a annoncé que les classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 ne dépasseront plus les 24 élèves.
  • A Toulouse, en grande section, la moyenne est de 27,6 élèves par classe.
  • La mise en place de cette mesure, d’ici à 2022, nécessiterait la création d’environ une soixantaine de classes, soit huit écoles, selon un premier comptage.
  • L’adjointe à l’Education demande des précisions sur la faisabilité et le financement de cette mesure.

« Sur le fond, c’est une bonne mesure, on trouve qu’il y a trop d’élèves dans les classes », pose dès le début de la conversation Marion Lalane de Laubadère.L’adjointe à l’Education ne veut pas qu’il y ait de méprise, elle adhère à la mesure présentée jeudi soir par Emmanuel Macron, qui souhaite que désormais les classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 ne « dépassent jamais 24 élèves ».

Mais entre l’idée et sa mise en œuvre, au maximum en 2022, il y a une différence et beaucoup de questions qui restent en suspens. Surtout dans une ville comme celle de Toulouse qui accueille chaque année entre 600 à 1.200 nouveaux élèves dans ses écoles maternelles et primaires. Et dont de nombreuses classes ont des effectifs dépassant largement le chiffre de 24 élèves, surtout en grande section où le seuil maximum est de 32 élèves.

L’équivalent de huit écoles à construire

Aujourd’hui, hors écoles en réseau d’éducation prioritaire, la moyenne à Toulouse est de 27,6 élèves par classe en maternelle, avec de grandes disparités selon les établissements.

« Demain, si nous devons passer nos classes de grande section à 24 élèves, nous perdrions 1.400 places, il nous manquerait une soixantaine de classes de grande section », détaille l’élue qui a fait ses comptes à la louche.

Des mesures qui demandent donc à être précisées selon elle. Aussi bien techniquement, que financièrement. « Je vais les trouver où les classes dans les écoles ? Nous avons construit dix écoles sur le mandat et réalisé des aménagements dans beaucoup d’autres. Avec cette mesure, il nous manquerait huit écoles de plus à la rentrée. Ça va poser aussi la question des Atsem, si je crée 60 classes, je dois créer 60 postes, or on ne cesse de nous dire de contraindre nos budgets », poursuit l’adjointe à l’Education.

Et de se demander si, au-delà du recrutement de nouveaux enseignants, une ligne budgétaire accompagnera cette annonce. Lorsque le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire a été lancé, la mairie a dû procéder à près de 600.000 euros de travaux. Une partie seulement a fait l’objet d’un financement de l’Etat.

Pour l’heure, le ministre de l’Education n’a pas donné de précision sur les financements qui seront alloués aux communes.

Ni sur la mise en œuvre technique. Comment faire dans les écoles où il y a des classes à double niveau. Est-ce que par un système de vases communicants, les autres classes de maternelle ou de primaire ne vont pas voir leurs effectifs grimper en flèche pour pouvoir caser toutes les classes à 24 élèves sur le même site ? « Il va falloir qu’il nous le précise », conclut Marion Lalane de Laubadère.