Julien Lauprêtre, président du Secours populaire depuis 1955, est mort

HOMMAGE L’association, proche du Parti communiste, est devenue l’une des plus importantes du pays, sous sa présidence

Rachel Garrat-Valcarcel

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Julien Lauprêtre était président du Secours populaire depuis des décennies.
Julien Lauprêtre était président du Secours populaire depuis des décennies. — Sevgi/SIPA

Il dirigeait l’une des plus grosses associations françaises depuis plus de six décennies : le Secours populaire a annoncé vendredi le décès de son président, Julien Lauprêtre, survenu à 93 ans « des suites d’une chute ». « Plus qu’un Président, c’est un ami que tous les membres du Secours populaire ont perdu aujourd’hui », a expliqué l’association dans un communiqué, en faisant part de son « immense tristesse ».

Figure du milieu caritatif français, ancien résistant décoré la Légion d’honneur, il avait été élu à la tête du Secours populaire en 1955, à une époque où l’association n’était encore qu’une petite structure du Parti communiste. Outre l’aide alimentaire, il avait notamment mis les enfants au cœur des actions du Secours populaire. Pères Noël verts, Chasses aux œufs et « Journées des oubliés des vacances » sont devenus les emblèmes du mouvement qui compte un million de membres et 80.000 bénévoles.

« La générosité faite homme »

Pour Jean-Luc Mélenchon : « Le Secours populaire et les pauvres perdent leur voix majeure avec le décès de Julien Lauprêtre. Condoléances émues et reconnaissantes », a tweeté le chef de file de la France insoumise. « Le président du Secours populaire était un abbé Pierre laïc […] et un compagnon chaleureux », a réagi sur Twitter le directeur du quotidien l’Humanité, Patrick Apel-Muller. « Il était la générosité faite homme », a salué l’adjoint communiste à la mairie de Paris, Ian Brossat.

« On perd un grand combattant contre la pauvreté », a confié Christophe Robert, le directeur général de la Fondation Abbé-Pierre. « C’est quelqu’un qui ne lâchait rien et qui avait une constance remarquable dans la lutte contre l’exclusion. » « De la question alimentaire jusqu’à celles des vacances, on mesure bien avec son action ce que veut dire la pauvreté : le sentiment d’être hors-jeu, de ne pas pouvoir faire comme les autres », a-t-il ajouté.