Lyon: Quand la SPA donne une nouvelle vie aux chiens de laboratoire

ANIMAUX L'association Le Graal a récupéré cinq chiens de laboratoire qui ont été transmis à la SPA de Lyon-Marenne en vue d'être adoptés

Elodie Charrière

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Les deux Beagles recueillis par la SPA
Les deux Beagles recueillis par la SPA — Elodie Charrière
  • L’association Le Graal, en partenariat avec la SPA et d’autres refuges, recueille des animaux provenant de laboratoires pour leur offrir une vie meilleure et ainsi éviter l’euthanasie.
  • Seuls les animaux ayant subi des protocoles non invasifs et en bonne santé, peuvent être adoptés.
  • Les chiens de laboratoire doivent s’adapter à leur nouvelle vie, ce qui nécessite une attention particulière.

Après avoir vécu toute sa vie dans un laboratoire de France et après avoir subi de nombreuses expérimentations, un petit Beagle a finalement eu la chance de rejoindre la SPA de Lyon-Marennes mi-avril. Suite à son adoption, c’est au côté de sa nouvelle famille qu’il peut désormais vivre sa vraie vie de chien. Ses congénères, quatre autres Beagle, ont également pu suivre le même chemin que lui.

Depuis 5 ans, ce refuge oeuvre avec Le Graal, une association chargée de réhabiliter les animaux issus de laboratoires afin d’éviter au maximum l’euthanasie. « Nous travaillons en partenariat avec la SPA car cet organisme propose et assure une solution de qualité pour un nombre important d’animaux. Elle a une puissance d’accueil non négligeable », précise Marie Françoise Lheureux, présidente du Graal.

Plusieurs fois dans l’année, cette association propose à la SPA de Lyon-Marennes d’accueillir, en fonction de leurs disponibilités, des chiens de la race Beagle en bonne santé et prêt à l’adoption.

Des canidés en bonne santé

Dans le laboratoire où ils ont passé leurs premières années de vie, les animaux peuvent être confrontés à deux types de protocoles. Les protocoles invasifs qui conduisent à une euthanasie certaine et les protocoles non invasifs/légers qui n’entraînent aucune séquelle pour les animaux. Seuls ces derniers peuvent par la suite être proposés à l’adoption.

« Ces animaux ont été exposés soit à des tests de croquette ou de vaccin pour la médecine vétérinaire, soit à des tests de comportement. Ce sont aussi des animaux qui ont servi de reproducteurs et n’ont donc rien subi », détaille Marie Françoise Lheureux. Après une consultation vétérinaire, les animaux doivent impérativement obtenir un certificat attestant une bonne santé pour pouvoir quitter définitivement le laboratoire. « Ce document est leur seule porte de sortie », appuie la présidente.

Les Beagles transférés à la SPA de Lyon-Marenne ont subi des tests non-invasifs pour évaluer la fiabilité des vaccins en faveur de la médecine vétérinaire. « En arrivant chez nous, les chiens sont déjà vaccinés et identifiés par puce ou tatouage », explique Pauline De Chabannes, chef d’équipe de la SPA de Lyon-Marennes. « Ils n’ont pas besoin de recevoir un traitement particulier », ajoute-t-elle. L’établissement doit seulement les stériliser avant qu’ils soient adoptés. En contrepartie de ces soins, la SPA demande une participation financière de 250 euros aux futurs adoptants.

Une forte demande d’adoption

« Les personnes sont très souvent touchées par l’histoire et le vécu de ces chiens » constate Pauline. En peu de temps, l’association a reçu de nombreux appels téléphoniques et mails de personnes souhaitant adopter un de ces Beagles, qui ont trouvé une famille d’accueil quelques jours seulement après leur arrivée au refuge. Une demande très forte qui nécessite une sélection précise. Avant d’adopter l’un de ces chiens de laboratoire, il faut savoir que ces animaux sont restés enfermés pendant des mois, voir des années et n’ont rien connu d’autres que des pièces de laboratoire.

Leur nouvelle vie va donc leur demander une véritable réadaptation. Ces Beagles ont besoin d’être éduqués : il faut tout leur apprendre, comme des chiots. « Il faut privilégier les personnes qui vivent dans un endroit calme avec un grand jardin. Les chiens de laboratoire n’ont pas l’habitude du bruit et ne savent pas marcher en laisse. Le fait de vivre en ville me paraît compliqué pour eux », précise la responsable de la SPA.