Aveyron : La guerre des fromages est déclarée

CHEESE L'eurodéputé José Bové et les syndicats de la filière roquefort s'insurgent contre la commercialisation début avril d'un nouveau fromage, le Bleu de brebis

J.R. avec AFP

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La guerre entre Roquefort et le Bleu de brebis fait rage.
La guerre entre Roquefort et le Bleu de brebis fait rage. — Jamie McDonald
  • En lançant un nouveau fromage, appelé Bleu de brebis, l'entreprise Société a suscité une levée de bouclier des défenseurs de la filière roquefort.
  • Dénonçant cet «ersatz», les syndicalistes de la filière, ainsi que l'eurodéputé José Bové craignent une baisse d'activité pour le marché du roquefort.
  • Les responsables de Société plaident pour ce nouveau produit qui vise à conquérir de nouveaux consommateurs.

Le lancement par le groupe Lactalis d’un nouveau fromage, le Bleu de brebis produit par Société, inquiète la filière du roquefort. Des syndicats de la filière, ainsi que l’eurodéputé José Bové, s’insurgent contre ce nouveau produit qui menace, selon eux, l’appellation.

Pour l’Aveyronnais José Bové, cette initiative commerciale de Lactalis « menace l’ensemble du modèle de l’appellation d’origine », un label datant de 1925 qui définit la production du roquefort selon un cahier des charges précis dans la commune du même nom.

Un « ersatz » pour José Bové

Commercialisé depuis le 1er avril, les opposants au Bleu de brebis, qui assure qu’il y a « tromperie pour le consommateur », dénoncent l’emballage du nouveau fromage ressemblant « comme deux gouttes d’eau » à celui du célèbre roquefort. Moins cher que le roquefort et moins exigeant sur les normes de fabrication, le nouveau produit est qualifié « d’ersatz » par l’eurodéputé écologiste.

Des accusations rejetées par le directeur général de Roquefort Société. « Nous avons été attentifs à ne pas créer de confusion auprès du consommateur », assure Christian Gentil qui définit le nouveau produit comme « complémentaire » au roquefort et ayant pour but de « conquérir de nouveaux consommateurs ».

Les syndicats inquiets

La CFDT locale pointe, elle, « un risque que le marché du roquefort s’effondre et que la production soit délocalisée ». Depuis le début des années 2000, la filière du roquefort, qui fait travailler environ 1.700 salariés et 2.000 exploitations laitières, connaît une baisse des ventes.

Christian Gentil souligne que ce nouveau fromage est bien produit « avec du lait issu de notre zone de collecte de l’Aveyron, dans des exploitations où les brebis pâturent dès que les conditions climatiques le permettent, nourries sans OGM ».

Des explications qui ne rassurent pas José Bové qui envisage de saisir la justice, au nom de la lutte contre les copies et malfaçons des AOP. La présidente de la région Occitanie a, elle aussi, tiré la sonnette d’alarme, écrivant aux responsables de Société et du groupe Lactalis pour leur demander des garanties claires sur les impacts du lancement de ce nouveau produit.