La prison de Fleury-Mérogis accueille la première crèche pour les enfants des femmes détenues

PETITE ENFANCE Depuis septembre, une crèche a ouvert à la prison de Fleury-Mérogis pour permettre de laisser « souffler » les mamans détenues

20 Minutes avec AFP

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La crèche de Fleury-Mérogis est ouverte de 7H30 à 17H00 du lundi au vendredi et coute une dizaine d'euros par mois.
La crèche de Fleury-Mérogis est ouverte de 7H30 à 17H00 du lundi au vendredi et coute une dizaine d'euros par mois. — RitaE / Pixabay

Pour la première fois en France, une crèche payante a été ouverte en septembre dans la prison de  Fleury-Mérogis. Une réponse à un réel besoin. Elle permet à la fois de sortir les enfants du cadre carcéral, mais aussi de permettre à la dizaine de femmes détenues qui partagent leur cellule avec leur  bébé, de « souffler » un peu, faire des activités ou encore poursuivre leurs études.

En effet, la loi autorise les mères emprisonnées à garder leurs enfants jusqu’à leurs 18 mois. Une période durant laquelle elles doivent s’occuper seules de leurs bébés, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

« Risque de fusion mère/enfant »

Sans crèche, « elles ne pouvaient rien faire », souligne la directrice de la maison d’arrêt des femmes, Aude Boyer. Ni travailler, ni suivre de formation ou d’activité, ni simplement se reposer. De quoi créer des « angoisses » chez les mères souvent jeunes – entre 18 et 25 ans pour la plupart –, particulièrement la nuit.

Fruit d’un partenariat avec la mairie, le département et la Caisse d’allocations familiales, la crèche veut parer au « risque de fusion mère/enfant », rompre « l’isolement » de femmes privées de soutien et « stimuler » des enfants qui avaient peu d’activités, explique Lydie Gouttefarde, de la Protection maternelle infantile (PMI) de l’Essonne. La crèche, permet aussi de préparer la « rupture très brutale » de la séparation, en habituant l’enfant à être sans sa mère, explique la direction.

Une dizaine d’euros par mois

La crèche est ouverte de 7h30 à 17 heures du lundi au vendredi. Les mères doivent « comme dans une crèche normale » contractualiser le temps que leur enfant y passera, et payer une dizaine d’euros par mois. Une manière de les « responsabiliser » qui participe au processus de réinsertion, estime la mairie.