Affaire Denis Baupin: L'ex-député perd son procès en diffamation contre les médias et ses accusatrices

JUSTICE Les prévenus souriaient en écoutant la lecture du délibéré concernant l’ex-député accusé d’agressions sexuelles et de harcèlement, par ailleurs condamné pour procédure abusive

20 Minutes avec AFP

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Denis Baupin, le 4 avril 2015 à Paris.
Denis Baupin, le 4 avril 2015 à Paris. — Bertrand GUAY / AFP

La justice a relaxé ce vendredi les journalistes poursuivis en diffamation pour avoir donné la parole à des femmes accusant Denis Baupin d’agressions sexuelles et de harcèlement, au terme d’un procès de la presse mué en charge contre l’ex-député écologiste.

Débouté, Denis Baupin a en outre été condamné pour procédure abusive, à verser 500 euros de dommages et intérêts à chacun des prévenus qui en avaient fait la demande. Dans la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, dite « chambre des libertés », les prévenus, debout, souriaient en écoutant la lecture du délibéré : des femmes accusées d’avoir menti, soumises à l’épreuve publique du procès, ont pour la première fois le sentiment d’avoir été écoutées.

Le procès de « la fin de l’omerta »

Ces femmes ont dit leur soulagement de voir « la fin d’un cauchemar », la « reconnaissance » de leur souffrance, un pas de géant pour le droit des femmes. Elles ont remercié aussi Mediapart et France Inter, les médias attaqués, d’avoir « écrit une page de l’histoire des femmes ». Denis Baupin, qui avait dit vouloir « laver son honneur », n’est jamais venu à l’audience. Une absence tancée par la procureure, qui avait le 9 février salué « le courage » des femmes venues à la barre, requérant la relaxe de tous les prévenus.

Au fil des débats, le procès de la presse était devenu une offensive contre l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale. Huit femmes avaient raconté des « SMS salaces », des « gestes déplacés » et des « agressions » d’une « grande violence ». Selon les médias poursuivis, ce procès restera comme celui de la « fin de l’omerta » pour des femmes en butte à la domination masculine et dont la parole a été libérée : « la première affaire #MeToo », avant même le scandale Harvey Weinstein.