Réforme du lycée: Même avec la suppression des séries, la filière scientifique va rester privilégiée par les élèves

SPECIALITES A partir de la rentrée prochaine, les séries vont être supprimées et les lycéens suivront un tronc commun et trois spécialités en Première, ramenées à deux en Terminale

20 Minutes avec AFP

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Une salle de classe dans un lycée de Saint-Denis de la Réunion (photo d'illustration).
Une salle de classe dans un lycée de Saint-Denis de la Réunion (photo d'illustration). — RICHARD BOUHET / AFP

La réforme ​du lycée, qui doit entrer en vigueur à la rentrée prochaine et supprimer les séries (L, ES et S), ne changera rien à la prédominance d’une filière scientifique, a affirmé le syndicat Snes-FSU, le premier syndicat dans le secondaire, dans une étude publiée ce jeudi.

Les lycéens suivront désormais un tronc commun et trois spécialités en Première, ramenées à deux en Terminale. Selon l’étude du syndicat, les trois spécialités centrales de l’actuelle série S (maths, SVT, physique-chimie) sont demandées par plus de 50 % des élèves, soit la même proportion que la filière S l’an dernier (53 % des élèves de 2nde passés en 1re générale).

Les spécialités de la série S beaucoup plus demandées par les bons élèves

Les triplettes de type « économie et social » représentent, elles, entre un quart et un tiers des vœux des élèves, et les triplettes « littéraires » environ 15 %. Ce qui correspond à peu près à la répartition actuelle des séries S, ES et L, relève le Snes-FSU. Autre enseignement de l’étude : avec la réforme, les garçons choisissent toujours massivement des disciplines scientifiques (70,1 % demandent des maths, contre 57,2 % de filles).

Les trois disciplines scientifiques, qui renvoient directement à la série S, sont beaucoup plus souvent demandées par les meilleurs élèves que par les élèves les plus faibles, ajoute l’étude. En moyenne, 78 % des élèves aux meilleurs résultats choisissent la spécialité mathématique, contre 23,3 % des élèves aux résultats les plus faibles.

« Attention à ne pas tirer de conclusions trop hâtives »

« Mieux informés, plus conscients des enjeux sociaux, les élèves issus de familles socialement favorisées choisiront massivement les disciplines sur lesquelles porte la sélection », conclut le syndicat, qui demande un « moratoire » de la réforme. « Attention à ne pas tirer de conclusions trop hâtives à partir d’un panel restreint et de choix qui ne sont pas encore définitifs », tempère Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement.

Jusqu’à présent, il observe tout de même de « fortes demandes pour des matières scientifiques », sans qu’aucune des 12 spécialités proposées​ soit « délaissée » totalement. De façon surprenante, la spécialité informatique semble « attirer moins que prévu », ajoute-t-il.

*Le syndicat a analysé les vœux d’environ 4.000 élèves de 18 lycées aux conseils de classe du deuxième trimestre.