Incendie à Notre-Dame de Paris: Avant-après, les images de la dévastation

ARCHITECTURE La structure tenait bon, mardi, mais des vulnérabilités ont été identifiées au niveau de la voûte et des pignons

P.B. avec AFP

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L'autel est recouvert par des fragments calcinés de la flèche et des pierres de la portion de la voûte qui s'est effondrée, mais la piéta, derrière, est intacte. Lancer le diaporama
L'autel est recouvert par des fragments calcinés de la flèche et des pierres de la portion de la voûte qui s'est effondrée, mais la piéta, derrière, est intacte. — L.MARIN/AFP

Notre-Dame endommagée, mais Notre-Dame debout. La structure de la cathédrale « tient bon » après l'incendie qui a détruit sa flèche, son toit et sa charpente, lundi, mais des « vulnérabilités » ont été identifiées dans l’édifice notamment au niveau de la voûte, a déclaré mardi le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nunez.

Alors que les travaux de sécurisation devraient durer environ 48 heures, les premières images permettent de se rendre compte de l’étendue de la destruction, même si l’intérieur a plutôt bien résisté et que de nombreux trésors ont pu être sauvés.

La voûte endommagée par la chute de la flèche

« Les photos montrent que la voûte a été détruite en au moins trois endroits. Le [trou] le plus visible à la croisée du transept [l’intersection de la nef et du transept], qui se trouvait sous la magnifique flèche de Viollet-le-Duc qui s’est effondrée », analyse Caroline Bruzelius, professeure d’histoire de l’art à Duke University, et experte en architecture gothique.

Image avant/après l'incendie de la voûte de Notre-Dame (la photo de gauche est prise du fond de la cathédrale, et celle de droite, du devant).
Image avant/après l'incendie de la voûte de Notre-Dame (la photo de gauche est prise du fond de la cathédrale, et celle de droite, du devant). - AFP/SIPA

En s’effondrant, la flèche (500 tonnes en bois de chêne recouvertes d’un manteau de 250 tonnes de plomb) a vraisemblablement perforé la voûte. On voit d’ailleurs un mélange de pierres et de bois calciné là où se trouvait l’autel. Mais la piéta monumentale du sculpteur Nicolas Coustou (la Vierge éplorée, recueillant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la croix, commandée par Louis XIV selon le vœu de son père Louis XIII), située derrière l’autel, semble intacte.

La flèche de Notre-Dame (500 tonnes en bois de chêne recouvertes d'un manteau de 250 tonnes de plomb) s'est effondrée dans l'incendie du 15 avril 2019.
La flèche de Notre-Dame (500 tonnes en bois de chêne recouvertes d'un manteau de 250 tonnes de plomb) s'est effondrée dans l'incendie du 15 avril 2019. - L.MARIN/AFP

Deux pignons préoccupants

Le ministre de la Culture, Franck Riester, a exprimé sa préoccupation pour deux pignons encore non complètement stabilisés de Notre-Dame de Paris, dans une interview mardi soir sur la radio RTL. « Le pignon du transept nord, là où il y a de grandes rosaces, risque de s’effondrer sur la rue du Cloître. C’est pour cela qu’il y a cinq immeubles qui sont évacués. C’est toujours une situation périlleuse », a-t-il d’abord noté. « Et il y a une deuxième partie, qui est sur la tour sud, à l’intérieur, qui a été très attaquée par le feu et qui risque, en s’effondrant, d’entraîner le pignon central triangulaire qui est entre les deux tours et que l’on voit quand on regarde la façade de Notre-Dame », a-t-il précisé.

Mardi soir, Emmanuel Macron a, lui, souhaité, dans une adresse à la Nation, que la cathédrale Notre-Dame soit rebâtie « plus belle encore » d'« ici cinq années ».