Nantes: En grande précarité, ils participent à la construction de leur logement social

HABITAT A Nantes, six ménages participent depuis plusieurs mois à la construction des logements qu'ils occuperont

Julie Urbach

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Rue de Metz à Nantes, ils participent à la construction de leur futur logement social
Rue de Metz à Nantes, ils participent à la construction de leur futur logement social — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Six logements sociaux, du T2 au T5, vont voir le jour dans le cadre du programme Igloo, piloté par Nantes métropole habitat.
  • Particularité: les ménages qui les occuperont participent actuellement au chantier de construction, quartier Bottière.

Les murs sont élevés, le sol est posé, restent les derniers coups de peinture blanche et travaux de finition. Rue de Metz, dans le quartier Bottière à Nantes, un petit ensemble immobilier est en train de prendre forme. D’ici à juillet, sept ménages s’installeront dans ces logements sociaux flambant neufs, avec une grande cour partagée. Mais avant de pouvoir s’asseoir tranquillement dans leur canapé, ils doivent se retrousser les manches pour terminer les travaux.

C’est la particularité de ce programme peu banal appelé Igloo (insertion globale par le logement et l’emploi), et piloté par Nantes métropole habitat : sur ce chantier, qui aura duré un an, 10 % environ des ouvriers, qui ne sont pas du métier, construisent en fait les maisons dont ils seront bientôt locataires « Il s’agit d’un public très fragile, sans emploi stable, et qui ne pouvait jusque-là pas prétendre à un logement, expose Anne-Sophie Cormerais, assistante sociale au CCAS. Il s’agit d’une insertion globale, par l’habitat et le travail, pour reprendre confiance et parvenir à se projeter. »

Le programme Igloo propose aux bénéficiaires de participer à la construction de leurs logements
Le programme Igloo propose aux bénéficiaires de participer à la construction de leurs logements - J. Urbach/ 20 Minutes

Isolation, maçonnerie, espaces verts…

Ali Jan, 20 ans, fait partie des bénéficiaires. Le jeune réfugié, arrivé d’Afghanistan il y a deux ans, travaille sur le chantier (20 h par semaine, pour environ 650 euros) depuis plusieurs mois. Avant de démarrer, comme les autres hommes qui s’affairent ici, il a suivi plusieurs ateliers en placo, isolation, maçonnerie ou espaces verts. « L’objectif était qu’ils puissent découvrir et toucher à plusieurs corps de métier afin d’enclencher la possibilité de suivre une formation », explique Ronan Tanguy, de l’association de réinsertion Trajet. « Ce que je préfère, c’est la peinture, sourit Ali Jan, un rouleau à la main. Je n’en avais jamais fait jusque-là, mais ça m’a bien plu. »

Si la durée du chantier a été rallongée de trois mois pour composer avec ces ouvriers novices, les six T2 de 40 m² et le T5, dessinés par un architecte en fonction de la typologie des familles concernées, seront livrés à temps. « Le suivi social va ensuite continuer pendant un an, précise Edouard Maison, de Nantes métropole habitat. Puis les locataires pourront rentrer dans un schéma plus classique et décider de rester sur place ou de partir. » Dans le deuxième cas, le logement sera attribué à une autre famille.

Le programme Igloo propose aux bénéficiaires de participer à la construction de leurs logements
Le programme Igloo propose aux bénéficiaires de participer à la construction de leurs logements - J. Urbach/ 20 Minutes

Un nouveau terrain recherché

L’opération, qui a coûté plus d’un million d’euros au total, devrait être reconduite puisque Nantes métropole habitat annonce déjà être à la recherche d’un nouveau terrain. Il s’agira en fait du troisième lotissement de ce type puisqu’en 2014, six premiers « Igloo » avaient déjà poussé quartier Bellevue, rue des Frères Amieux.

« Il s’agit d’un programme national, qui offre de très bons résultats, assure-t-on chez Nantes métropole habitat. Nantes est à la pointe. La preuve, d’autres villes, comme Rennes, nous ont déjà contactés. »