Strasbourg: Levée d’une suspicion de rougeole dans un camp de demandeurs d’asile

ASILE Un enfant de sept ans, vivant avec ses parents dans un camp de migrants à Strasbourg présentait des symptômes caractéristiques de la rougeole

Nils Wilcke

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Les demandeurs d'asile du camp de la rue des Ducs à Strasbourg vivent dans des conditions très précaires.
Les demandeurs d'asile du camp de la rue des Ducs à Strasbourg vivent dans des conditions très précaires. — N.W./20Minutes
  • Un enfant de sept ans qui vivait dans un camp de migrants à Strasbourg et présentait des symptômes de la rougeole a été pris en charge par les services de la ville. 
  • Le réseau D'ailleurs nous sommes d'ici 67 accuse la ville et la préfecture d'inaction et exige des solutions de logements pérennes pour ces personnes. 
  • La ville de Strasbourg indique de son côté avoir pris en charge l'enfant malade et sa famille et se défend de toute inaction. 

« Nous sommes en colère ». Les membres du réseau D'ailleurs nous sommes d'ici 67 sont à pied d’œuvre dès le petit matin dans le froid, rue des Ducs, à  Strasbourg, alors que le mercure ne dépasse pas les 10 °C. L’objet de leur indignation ? L'« inaction », selon cette association qui vient en aide aux migrants dans le Bas-Rhin, de la ville de Strasbourg et de la préfecture pour « répondre aux besoins de familles qui survivent dehors, faute d’hébergement ». Il s’agit de  migrants, dont certains sont des demandeurs d’asile.

 

 

« Misère extrême »

« Cela fait trois semaines qu’on les laisse dans une misère extrême », gronde Antonio Gomez, l’un des membres du réseau. Sous les yeux des bénévoles, une dizaine de personnes tente péniblement de se réchauffer auprès d’un feu de fortune. Il s’agit d’Albanais, ils sont venus d’Europe de l’Est avec leur famille. « Nous sommes venus en France pour avoir un avenir meilleur », explique Selmen en anglais. Il y aurait actuellement huit familles dont 14 adultes et 13 enfants dans ce camp de la rue des Ducs. Mais des migrants se sont aussi installés plus loin, rue des Canonniers. Un enfant de sept ans a été pris en charge mercredi sur le site des Ducs. Il présentait des « caractéristiques de la rougeole », s’inquiète l’association. Un autre aurait tous les signes d’une anémie, sur le site des Canonniers.

« Nous faisons ce que nous pouvons »

« Les associations font leur travail d’alerte et c’est normal », réagit auprès de 20 Minutes Marie-Dominique Dreyssé, adjointe au maire à l’action territoriale qui a rencontré une délégation D’ailleurs nous sommes d’ici 67. « Les résultats sont tombés hier et l’alerte à la suspicion de rougeole a été levée », indique l’élue, ce que la préfecture du Bas-Rhin a confirmé. Marie-Dominique Dreyssé se défend de toute inaction. « Dès que nous avons eu connaissance de ce cas, les services de la ville ont alerté les services de la protection maternelle et infantile (PMI). L’enfant et sa famille (2 adultes et 2 enfants, précise la préfecture) ont été pris en charge dans un centre de la ville et placés à part pour éviter tout risque de contagion. L’Agence régionale de santé (ARS) et la direction départementale de la cohésion sociale ont été également prévenues. Nous avons pu faire vacciner les personnes présentes sur le camp », précise l’élue.

La ville de Strasbourg est-elle pour autant exemplaire en la matière ? « Nous ne pouvons pas sans arrêt répondre à l’urgence, réagit l’adjointe Marie-Dominique Dreyssé. Nous faisons ce que nous pouvons. La ville prend ses responsabilités : nous faisons de l’accueil, nous créons des places mais nous ne pouvons pas nous substituer à l’Etat ». « On les accueille mais seulement pour un temps. Ou on les évacue, comme au début de l'année. Mais où sont les solutions de logement pérennes ? », s’interroge D’ailleurs nous sommes d’ici 67. « En tout depuis vendredi dernier, trois familles ont été mises à l’abri (14 personnes) », indique pour sa part la préfecture du Bas-Rhin.