Grande distribution: Face à «l'hémorragie sociale» la CGT appelle à la grève le week-end de Pâques

CONTESTATION Dans la grande distribution, « plus de 30.000 emplois » ont disparu depuis 2014, selon la CGT

20 Minutes avec AFP

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Des salariés de grande distribution en grève, ici pour protester contre l'ouverture d'un supermarché le dimanche matin près de Rennes.
Des salariés de grande distribution en grève, ici pour protester contre l'ouverture d'un supermarché le dimanche matin près de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Restructurations chez Carrefour, cessions de magasins chez Casino ou fermetures « sèches » de magasins franchisés de Leader Price… Dénonçant une « véritable hémorragie sociale » dans la grande distribution, la fédération commerce et services CGT a lancé, ce vendredi, un appel à la grève le week-end de Pâques, les 19 et 20 avril.

Dans la grande distribution, «plus de 30.000 emplois» ont disparu depuis 2014, selon la CGT, qui les met en parallèle avec l’argent versé aux grands groupes du secteur via le CICE (crédit d'impôt compétitivité emploi). Sylvie Vachoux, secrétaire fédérale de la fédération commerce et services CGT, a dénoncé « une brutalité et une violence inouïes » du patronat.

La CGT demande « l’arrêt de toutes les exonérations » dont bénéficient les groupes de grande distribution

En particulier, Carrefour, Casino et Auchan ont touché «522 millions d'euros» d'aides en 2018, «par le biais du CICE et d'exonérations de cotisations sociales», alors qu’ils supprimaient dans le même temps « plus de 10.000 emplois », a souligné Sylvie Vachoux. Des aides qui n’ont servi qu’à « maintenir » les dividendes versés aux actionnaires, selon la CGT qui a réclamé leur remboursement, ainsi que « l’arrêt de toutes les exonérations » dont ces groupes bénéficient, dans une lettre ouverte au Premier ministre Edouard Philippe en début de semaine.

« La grande distribution va-t-elle connaître le même sort que la sidérurgie au siècle dernier ? », s’est demandé la représentante CGT, qui a dénoncé la « lourde responsabilité » du gouvernement dans cette « casse sociale ». Les « ordonnances Macron » et, avant elles, la loi travail de 2016 notamment, ont « raboté les droits » des instances représentatives du personnel et « facilité les licenciements », a-t-elle dit.

Un rassemblement le 27 avril prochain à Paris

Présents autour d’elles, des représentants syndicaux de Carrefour et Auchan ont fait part de leurs craintes de davantage de suppressions d’emplois dans les années à venir, les personnels étant la « variable d’ajustement » pour dégager plus de rentabilité. Ils ont souligné aussi « l’amplification » de la mise en location-gérance de magasins par les enseignes, source d'« anxiété » pour les salariés.

Outre l’appel à la mobilisation pour les 19 et 20 avril, la CGT Commerce a annoncé un rassemblement à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) le 24 devant un Géant Casino cédé à Leclerc à compter du 1er juin. La fédération s’inscrit aussi dans l’appel à un rassemblement le 27 avril à Paris initié avec d’autres structures syndicales et partis politiques.