«Gilets jaunes»: A quoi faut-il s'attendre pour l'acte 22?

MOBILISATION Après la faible mobilisation, le week-end dernier, les « gilets jaunes » vont tenter de maintenir la pression, ce samedi, notamment lors d’un rassemblement national prévu à Toulouse

20 Minutes avec AFP

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Les gilets jaunes manifestent dans les rues de Nice, le 17 novembre 2018.
Les gilets jaunes manifestent dans les rues de Nice, le 17 novembre 2018. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Alors que les premières annonces d’Emmanuel Macron, après le grand débat national, se font attendre, les « gilets jaunes » continuent leur mobilisation pour le 22e week-end consécutif. Après une mobilisation plus faible, la semaine dernière, le mouvement va tenter de maintenir la pression, ce samedi, notamment lors d’un rassemblement national prévu à Toulouse.

« Tous à Toulouse »

Plusieurs appels ont été lancés sur les réseaux sociaux pour faire de Toulouse la « capitale des gilets jaunes », après une faible mobilisation la semaine dernière. Parmi les figures du mouvement, Priscilla Ludosky ou Fly Rider-Maxime Nicolle ont annoncé qu’ils seraient présents, ce dernier prédisant un « gros week-end ». Jusqu’à 10.000 manifestants avaient été dénombrés mi-janvier dans cette place forte des « gilets jaunes ». La manifestation, non déclarée, doit partir vers 12 heures du centre, à proximité de la place du Capitole qui a un nouvelle fois été interdite aux manifestants par un arrêté préfectoral.

Des renforts sont en particulier attendus de Bordeaux, où les Toulousains étaient allés grossir les rangs le 30 mars, et de Montpellier. Mais « pour ceux qui ne peuvent pas aller à Toulouse », une marche est aussi prévue dans le centre de Montpellier à 14 heures, sous le mot d’ordre « Nous ne céderons pas à la répression ! » alors que la loi anticasseurs s’appliquera pour la première fois au mouvement. Évoquant une « volonté d’en découdre » des « gilets jaunes » dans la ville rose, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a relevé qu’il y aura, là comme ailleurs, un dispositif proportionné.

A Paris, le « droit à manifester »

A Paris aussi, la loi anticasseurs sera dans le collimateur des manifestants. Un premier cortège, déclaré par des « gilets jaunes » pour « la défense du droit de manifester » et « l’abrogation de la loi liberticide » doit aller jusqu’à la place de la République d’où s’élancera ensuite une marche pour « la liberté de manifester », organisée par plusieurs associations (dont LDH, Amnesty, Attac, Unef, SOS Racisme…).

Une cinquantaine d’organisations ont signé un appel pour l’abrogation de ce nouveau texte. Comme ces derniers week-ends, la Préfecture de police a pris un arrêté interdisant tout rassemblement de « gilets jaunes » sur les Champs-Elysées et les rues perpendiculaires.

Une circulaire envoyée aux préfets

Le ministre de l’Intérieur a, lui, insisté sur la mise en vigueur dès samedi du nouveau cadre législatif, indiquant avoir envoyé vendredi matin « une circulaire à l’ensemble des préfets pour les inviter à préparer la bonne utilisation de ces dispositifs, à travailler avec les procureurs, les parquets ».

La loi, partiellement censurée début avril par le Conseil constitutionnel​, « donne un certain nombre de moyens qui nous permettront de faire des fouilles renforcées contre les armes par destination dans les 24 heures qui précèdent », a-t-il détaillé. Il a rappelé que le fait de se masquer, de cacher son visage « à un moment d’émeute » devient ainsi « un délit passible d’une peine d’un an et de 15.000 euros d’amende ».