Lyon: Tout comprendre à la grève des éboueurs du privé qui perturbe la collecte dans plusieurs quartiers

CONFLIT SOCIAL Une grande partie des agents de la collecte de Pizzorno Environnement, chargés de ramasser les poubelles sont en grève depuis le 2 avril à Lyon

Elisa Frisullo

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Les poubelles s'entassent dans de nombreux quartiers de Lyon et des communes périphériques. Illustration.
Les poubelles s'entassent dans de nombreux quartiers de Lyon et des communes périphériques. Illustration. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Une partie des agents de Pizzorno Environnement à Vénissieux sont en grève depuis le 2 avril. Conséquence : les poubelles débordent en de multiples points de Lyon, Villeurbanne, Bron et Vaulx-en-Velin.
  • Après dix jours de mobilisation, les négociations entre les grévistes et leur direction n’ont rien donné.
  • La métropole de Lyon, qui fait appel à cette société privée pour une partie du ramassage des ordures, est priée de se saisir du dossier par les grévistes.

Ils ont installé leurs premiers piquets de grève il y a dix jours devant leur société. Depuis, la grève se poursuit sans qu’une fin de conflit ne semble se profiler. Ce vendredi matin, les éboueurs de Pizzorno Environnement, société chargée d’une partie de la collecte des poubelles à Lyon, Villeurbanne, Bron et Vaulx-en-Velin, ont reconduit leur mouvement, lancé le 2 avril.

20 Minutes fait le point sur ce conflit social qui perturbe la collecte des ordures dans de nombreux quartiers et qui place la métropole de Lyon dans une situation délicate.

Des revendications sur les salaires

Les agents de Vénissieux, employés par Pizzorno Environnement, sont mobilisés pour obtenir les mêmes salaires et conditions de travail que les éboueurs de la métropole, qui ont mis fin le 5 avril à leur grève après avoir conclu un accord avec les services de David Kimelfeld. Les salariés du privé, soutenus par Solidaires Rhône, réclament notamment une augmentation de 300 euros nets par mois.

Des négociations difficiles

Depuis le début du mouvement, plusieurs réunions ont eu lieu entre les grévistes et leur direction, dont une rencontre organisée mercredi au siège de Pizzorno à Draguignan dans le Var, lors du conseil social et économique de l’entreprise. Mais les négociations n’ont abouti à aucune « avancée notable », selon la direction, qui a annoncé avoir porté plainte cette semaine pour « violence involontaire à l’encontre de l’un des responsables du personnel », « détérioration et entrave à la liberté du travail » et « diffamation envers la direction générale par Solidaires Rhône ». Les violences en question seraient intervenues lors d’un rassemblement de grévistes le 10 avril, ce que dément le syndicat. Dans ce climat de tension et sans dialogue constructif, la perspective d’une fin de conflit rapide semble clairement s’éloigner.

La métropole de Lyon interpellée

La métropole, qui fait appel à la société Pizzorno pour assurer une partie du ramassage des poubelles, a été interpellée par les grévistes jeudi lors d’un rassemblement organisé rue du Lac. « En tant que donneur d’ordres, la métropole a sa responsabilité », estime Solidaires Rhône. Après être allé à la rencontre des agents, David Kimelfeld a assuré qu’il ferait tout ce qui est son pouvoir « pour que des solutions soient trouvées. » Ce vendredi, le président de la métropole s'est entretenu avec le directeur général de Pizzorno et lui a rappelé «ses responsabilités et ses engagements dans le cadre du contrat le liant à la métropole». Une rencontre entre les responsables de Pizzorno et David Kimelfeld est prévue lundi. 

« Assez de promesses, des actes. On ne vous a pas vu à Vénissieux », a réagi jeudi le syndicat mobilisé aux côtés des grévistes, prévoyant une manifestation le 15 avril dès 11 heures au départ de la métropole.

Des poubelles qui s’entassent

Dans les IIIe, VIe et VIIIe arrondissements de Lyon, ainsi qu’à Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Bron, des tas d’ordures sont entassés dans certains quartiers, où les camions de collecte ne passent plus ou que trop rarement. « Le service de ramassage fonctionne à moitié de ses capacités humaines et matérielles », précise la métropole. Les secteurs où les risques sanitaires sont les plus élevés font l’objet de tournées supplémentaires réalisées en fin de journée. « La métropole est très attentive à la situation et n’exclut pas, dans le cadre strict du contrat de marché public signé entre l’entreprise Pizzorno et la collectivité, d’intervenir sur le terrain si la situation sanitaire et sécuritaire des territoires concernés venait à se dégrader », ont ajouté les services ce vendredi.