Loi anticasseurs: 51 associations demandent l'abrogation d'un texte «dangereux»

MANIFESTATIONS Ces militants dénoncent la création du délit de dissimulation volontaire du visage, passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende

20 Minutes avec AFP

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Un manifestant masqué à Angers, le 19 janvier 2019 lors de l'acte 10 des
Un manifestant masqué à Angers, le 19 janvier 2019 lors de l'acte 10 des — LOIC VENANCE / AFP

Un collectif de 51 associations, dont la Ligue des droits de l’homme (LDH) et Amnesty international, a demandé l’abrogation de la loi anticasseurs, qui instaure notamment un délit de dissimulation du visage dans les manifestations. Elle est entrée en vigueur ce jeudi après avoir été partiellement censurée.

« Le compte n’y est toujours pas. Nous continuons de penser que cette loi est non nécessaire et même dangereuse. (…) Même si la liberté de manifester va rester de façon formelle, elle va faire l’objet de telles restrictions qu’elle sera vidée de sa substance », a affirmé Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH, lors d’une conférence de presse à Paris.

Le délit de dissimulation du visage critiqué

Adoptée le 12 mars en réponse aux violences lors des mobilisations des « gilets jaunes », cette proposition de loi venue de la droite crée notamment un délit de dissimulation volontaire de « tout ou partie » du visage, passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. L’article 3, qui permettait aux préfets de prononcer des interdictions administratives de manifester, a été censuré par le Conseil Constitutionnel.

Michel Tubiana s’est inquiété du « flou » du nouveau délit créé par la loi, alors que se prépare une nouvelle mobilisation des « gilets jaunes » samedi. « Imaginez les interprétations que ça peut donner. Un masque anti-gaz lacrymogènes dissimule-t-il partiellement le visage ? », s’est-il interrogé. Nicolas Krameyer d’Amnesty International a dénoncé une « loi de circonstances » qui risque de « priver de manifester des manifestants pacifiques ».

Ce collectif de 51 associations, où figurent également SOS Racisme, Greenpeace et le Syndicat de la magistrature, appelle à manifester contre la loi, samedi, à Paris et dans d’autres villes.