Salon Platinum security à Monaco: Comment le marché de la sécurité privée a évolué?

PROTECTION Ce congrès réunit les acteurs d’un secteur en hausse de 40% sur les dix dernières années, notamment pour faire face au risque terroriste

Fabien Binacchi

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Des portiques de sécurité installés aux accès d'un feu d'artifice à Nice (Archives)
Des portiques de sécurité installés aux accès d'un feu d'artifice à Nice (Archives) — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Face au risque terroriste, le recours a des agents de sécurité privée est de plus en plus important.
  • En dix ans, le nombre d’heures payées a augmenté de plus de 40 %
  • Un congrès qui réunit tous les acteurs de ce marché se déroule à Monaco.

Des développeurs de système de surveillance, des fabricants de drones et des agents privés bien sûr. Dès ce mercredi (et jusqu’à vendredi), Monaco accueille la première édition du salon Platinum security, un congrès « en réponse aux importants besoins en sécurité privée », induits principalement par le risque terroriste, dixit les organisateurs.

« Juste après les attentats de 2015, le nombre d’heure de surveillance payées a augmenté de 10 % en France », pointe Guillaume Farde, maître de conférences en économie de la sécurité à Sciences-Po Paris.

« Aucune obligation sur le nombre d’agents »

Et ce marché de la surveillance-intervention a « continué de progresser très sensiblement en 2017, de + 7,5 % », selon les dernières données publiées par l’Observatoire des métiers de la prévention et de la sécurité. L’organisme évalue à 174.750 les effectifs salariés cette année-là (en augmentation constante) et à 5,3 milliards d’euros le chiffre d’affaires enregistré, avec une hausse de 42 % en dix ans.

« Centres commerciaux, événements, établissements recevant du public… Il y a eu de la demande partout, même s’il n’y a aucune obligation réglementaire sur le nombre d’agents. Mais en cas d’événements tragiques, des responsabilités vont être recherchées et des enquêtes peuvent déterminer s’il y a eu un manque dans les moyens engagés », détaille Guillaume Farde.

La question de la formation

De la présence donc mais avec quelle formation ? Elle serait insuffisante. « Les obligations restent très faibles, à la base, avec un simple CQP financé par des sociétés à qui l’on demande toujours de tirer le coût des heures de surveillance vers le bas, alerte le spécialiste. Après l’attentat au stade de France, de nombreux agents s’étaient mis en grève pour dénoncer ce manque de formation et d’équipement. »

Depuis, rien n’aurait vraiment changé et les moyens de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité, rattaché au ministère de l’Intérieur, seraient « largement insuffisants ». « Comment 200 personnes peuvent en contrôler près de 200.000 », se désole Guillaume Farde.