«Grâce à la réforme du lycée, je peux choisir des spécialités qui me plaisent vraiment», estime Eliott

VOUS TEMOIGNEZ «20 Minutes» a interrogé ses internautes lycéens de seconde et leurs parents pour savoir quels choix de matières ils avaient fait pour l'an prochain

Delphine Bancaud

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Le 9 juillet 2018, à Paris (5e). L'entrée du lycée Henri-IV, rue Clovis.
Le 9 juillet 2018, à Paris (5e). L'entrée du lycée Henri-IV, rue Clovis. — ClÈment Follain
  • Les élèves sont en train d'effectuer ces choix de spécialités, qui seront validés au conseil de classe du troisième trimestre en vue de l'année de 1re.
  • Des choix le plus souvent guidés par les projets d’orientation ou la volonté de ne se fermer aucune porte.
  • Mais ces décisions génèrent du stress chez certains, qui ont peur de ne pas avoir de place dans des spécialités prisées ou de ne pas être à la hauteur scolairement.

Les lycéens de seconde et leurs parents sont en pleine cogitation. La réforme du lycée se traduira en effet l’an prochain par la suppression des séries en classe de 1re (L, ES et S), remplacées par un choix de trois spécialités, ramenées à deux en terminale.

Les élèves sont en train de faire ces choix de spécialités, qui seront validés au conseil de classe du troisième trimestre. Et une partie de ceux qui ont répondu à l’appel à témoins de 20 Minutes sont déjà bien décidés. Sans surprise, plusieurs élèves vont choisir les matières scientifiques que contenait la filière S pour se rassurer et ne pas se fermer des portes. C’est le cas d’Aristide, qui a choisi les spécialités Mathématiques et Physique-chimie, avec tout de même une nouveauté, la spécialité Sciences du numérique et de l’informatique. Idem pour la fille de Lilli : « comme elle voulait faire un bac S, elle a choisi Sciences de la vie et de la Terre, Physique chimie et Maths. C’est ce qui est le plus cohérent pour elle », explique la mère de l’élève.

Des choix de raison ou de passion

Certains élèves ont fait des choix dictés avant tout par leur attrait pour des disciplines, à l’instar d’Alysse-Alana, qui a opté pour Histoire géographie, géopolitique et sciences politiques, Sciences économiques et sociales et Langues et littératures étrangères. « On va vers l’inconnu… Ma fille a choisi Langues, littératures et Cultures étrangères, Sciences économiques et sociales et Sciences de la vie et de la Terre », témoigne de son côté, Sylvie. Quant à Eliott, il est ravi d’avoir tant de possibilités : « Grâce à la réforme du lycée, je peux choisir des spécialités qui me plaisent vraiment. J’ai opté pour Art/audiovisuel, Numérique et Culture et littérature anglaise. Je vais enfin pouvoir m’éclater en cours ! Cela me laisse aussi plus d’ouverture pour l’avenir, plus de polyvalence. Certains parents sont désespérés par la réforme parce que leurs enfants sortent du schéma préétabli qui les faisait rêver ! Mais cette réforme va permettre aux outsiders de se révéler (enfin, je l’espère). Je suis appuyé à 100 % par ma famille en tout cas ! », s’enthousiasme-t-il.

Plus cartésiens, d’autres élèves ont décidé de leurs trois spécialités d’abord en fonction de leur projet professionnel. Car ils pensent qu’en optant pour certaines disciplines, ils auront davantage de chances d’obtenir une place dans la formation supérieure de leur choix sur Parcoursup ou de réussir un concours. C’est le cas de Nathan : « Je souhaite prendre Histoire géographie, géopolitique et sciences politiques, Mathématiques et Sciences économiques et sociales. J’ai choisi ces trois matières car je souhaite intégrer une école de commerce. J’ai été aidé par un conseiller d’orientation en ligne, ma professeur principale et j’ai fait beaucoup de recherches sur Internet. », explique-t-il. Visant une école de commerce aussi, la fille de Caroline a choisi non pas trois spécialités, mais quatre, car son lycée prévoit déjà que les places seront limitées dans certaines disciplines : « elle a opté pour Sciences économiques et sociales, Langues et littératures étrangères, Histoire géographie, géopolitique et sciences politiques et Sciences de la vie et de la Terre ». Arafa sait aussi très bien ce qu’il veut faire plus tard, ce qui a facilité la prise de décision : « J’ai choisi les spécialités Sciences de l’informatique, Sciences de l’ingénieur et Langues pour devenir pilote de ligne », explique-t-il.

Quelques appréhensions au rendez-vous

Mais certains élèves ne sont pas encore décidés, à l’instar d’Elina : « L’équipe enseignante du lycée nous recommande de choisir selon nos envies. Ça ne m’aide pas beaucoup et je me sens seule, car je doute de mes capacités dans certains domaines que j’apprécie », témoigne-t-elle. Le fils de Nicolas est lui aussi dans l’expectative : « Lui qui voulait devenir architecte, avec cette réforme, il est complètement désespéré. Il a besoin de faire l’option maths, mais ne se voit plus faire des maths poussées. Or, il n’existe pas de maths « allégés » comme en terminale. Si vous êtes généraliste, cette réforme vous oblige trop tôt à choisir des matières où vous n’avez pas eu encore le temps de tester vos vraies capacités. Ne sachant pas comment choisir, il va laisser une équipe de profs décider pour lui entre Maths, SVT, Physique-chimie et Sciences économiques et sociales », raconte-t-il, désabusé.

Et force est de constater que ces choix de spécialités génèrent un certain stress chez nos jeunes internautes. Maya craint ainsi de ne pas être au niveau : « Les maths me sont nécessaires pour partir en école de commerce, mais on nous dit que le niveau prévu au programme de la spécialité est plus élevé que le niveau des maths de 1re S actuelle. Ça va être compliqué parce que même si je m’en sors, c’est loin d’être mon point fort et je ne pense pas être la seule ». Cyrille abonde dans son sens : « Il faut prendre la spécialité maths en 1re si on ne veut pas se fermer de nombreuses portes dans l’enseignement supérieur. Mais problème, la spécialité maths est complexe avec un programme énorme à faire en seulement 4 heures par semaine ! Pour les élèves moyens, ce sera très compliqué, mais ils n’ont pas le choix s’ils ne veulent pas être bloqués plus tard », assure-t-il. D’autres redoutent de ne pas obtenir la spécialité de leur choix, faute de places suffisantes, à l’instar de la fille de Thierry : « Ma fille envisage de prendre SVT, Maths, Sciences économiques et sociales. Mais étant donné le trop grand nombre de jeunes qui prennent ces options, elle pourrait être refusée en Maths et en SVT, ce qui remettrait en cause son projet professionnel », redoute-t-il. Réponse pour elle dans moins de deux mois.