«Gilets jaunes»: Quatre chiffres sur les familles monoparentales en France

INFOGRAPHIES Les mères isolées étaient présentes sur les ronds-points parmi les «gilets jaunes» et ont témoigné de leur précarité lors du «grand débat national»

L.C.

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Dans 85% des familles monoparentales, c'est une femme qui élève seule son ou ses enfants.
Dans 85% des familles monoparentales, c'est une femme qui élève seule son ou ses enfants. — GILE MICHEL/SIPA
  • Plus d’une famille sur cinq est monoparentale en France selon l’Insee, un chiffre en très forte hausse depuis 30 ans.
  • Les familles monoparentales sont principalement des mères seules avec enfant(s), et elles sont plus touchées par le chômage et la précarité.
  • Leurs revendications sur les ronds-points des « gilets jaunes » et dans le « grand débat national » vont-elles déboucher sur des annonces de la part de l’exécutif ?

C’est son nouveau combat. Après avoir renoncé à être candidate aux Européennes, l’aide soignante et figure des « gilets jaunes » Ingrid Levavasseur a créé une association d’aide aux familles monoparentales samedi. Le Premier ministre a aussi eu un mot pour ces familles ce lundi, lors de la présentation des résultats du « grand débat national ». Le sujet a effectivement émergé au fil du mouvement de contestation, les mères isolées étant bien présentes sur les ronds-points.

Une majorité de mères seules

Les familles monoparentales n’ont cessé d’augmenter au cours des 30 dernières années, d’après les chiffres de l'Insee.

Plus précaires que les familles dites « traditionnelles » et recomposées, un tiers des familles monoparentales vit sous le seuil de pauvreté.

Début janvier, le directeur de recherche au CNRS Alexis Spire nous expliquait que ces mères seules sont selon lui dans une sorte d’angle mort du système de protection sociale français. « A part l’allocation parent isolé, elles sont mal couvertes car le système a été pensé sur le modèle d’un homme qui travaille et qui prend en charge un foyer avec une femme et des enfants », soulignait le chercheur. « Elles sont souvent en situation de précarité économique et ont du mal à toucher la pension alimentaire pour subvenir aux besoins des enfants ».

Plus touchées par le chômage

Edouard Philippe a d’ailleurs mentionné ce lundi que le sujet des pensions alimentaires avait été abordé lors des réunions locales auxquelles il a assisté entre janvier et mars. Selon les chiffres de l’agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa), près de 40 % des pensions alimentaires seraient impayées.

En outre, ces mères seules sont plus touchées par le chômage. En 2014, 15 % d’entre elles étaient au chômage, près de deux fois plus que l’ensemble des femmes, selon l’Insee.

Le gouvernement n’a pas encore fait d’annonces concernant les familles monoparentales, laissant à Emmanuel Macron la primeur de dévoiler des mesures dès la mi-avril.