VIDEO. Bretagne: Cent ans après son naufrage, l’épave du «Fetlar» se visite en 3D

PATRIMOINE Le navire de commerce britannique a coulé le 13 avril 1919 au large de Saint-Malo

Jérôme Gicquel

— 

L'épave du Fetlar gît par 26 mètres de fond au large de Saint-Malo.
L'épave du Fetlar gît par 26 mètres de fond au large de Saint-Malo. — Adramar
  • Une application permet de visiter virtuellement l’épave du «Feltar».
  • Ce navire de commerce britannique a sombré en mer le 13 avril 1919 au large de Saint-Malo.
  • Pour reconstituer l’épave en 3D, les équipes de l’Adramar ont utilisé plus de 20.000 photographies prises sur site.

C’était il y a 100 ans presque jour pour jour. Parti de Southampton avec des tonnes de marchandises à son bord, le navire britannique Le Fetlar s’apprêtait à accoster à Saint-Malo. Mais le 13 avril 1919, alors que l’île de Cézembre était en vue, le cargo de 56 mètres de long talonnait une roche avant de sombrer. L’équipage du bateau avait heureusement eu la vie sauve et réussi à rejoindre le port malouin sur des canots de sauvetage.

Malgré son état de conservation, l'épave du navire menace de disparaître sous l'effet de la corrosion.
Malgré son état de conservation, l'épave du navire menace de disparaître sous l'effet de la corrosion. - Adramar

Depuis le naufrage, l’épave du Fetlar gît par 26 mètres de fond au large de la cité corsaire. Posée droite sur sa quille, la carcasse du navire attire les plongeurs en raison de « son très bon état de conservation », explique Yann Gaonac’h, historien et salarié de l’Association pour le développement des recherches en archéologie maritime (Adramar). Mais la coque en acier ne résistera pas éternellement à la corrosion.

Plus de 20.000 photos utilisées pour redonner vie à l’épave

Pour garder une trace de ce bien culturel maritime, l’association s’est lancé le défi il y a deux ans de modéliser l’épave en 3D. Elle a utilisé pour cela la technique dite de l’enregistrement photogrammétrique. « A partir des 20.000 photographies sous-marines qui ont été prises en plongée sur le site, nous avons réussi grâce à un nuage de points en 3D à restituer les dimensions et les volumes exacts de l’épave », souligne le chargé de mission.

Le résultat de ce long et minutieux travail est visible depuis quelques jours sur l’application mobile L’épave du Fetlar, lancée à l’occasion du centenaire du naufrage. A défaut de plonger dans les eaux bretonnes, les passionnés d’archéologie sous-marine peuvent ainsi explorer dans les moindres détails l’épave du navire britannique. On découvre aussi au fil de ce voyage virtuel sous les mers l’histoire de ce bateau et de son naufrage ainsi que les objets archéologiques qui ont été trouvés à bord lors de différentes expéditions. « Une vingtaine d’objets ont été récupérés comme une cloche ou un hublot », précise Yann Gaonac’h.

Et pour ceux qui souhaiteraient se jeter à l’eau et découvrir de leurs propres yeux l’épave du Fetlar, des plongées sont organisées samedi par le club Saint-Malo Plongée Emeraude pour les commémorations du centenaire du naufrage.