«Gilets jaunes» à Saint-Nazaire: 300 à 800 manifestants tiennent leur seconde assemblée

MOBILISATION Délégués et sympathisants du mouvement sont rassemblés jusqu'à dimanche pour débattre et préparer la suite

Frédéric Brenon

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Des centaines de "gilets jaunes" sont réunis à Saint-Nazaire vendredi 5 avril 2019.
Des centaines de "gilets jaunes" sont réunis à Saint-Nazaire vendredi 5 avril 2019. — L.Venance/AFP
  • La seconde « assemblée des assemblées » de « gilets jaunes » se réunit de vendredi à dimanche.
  • Entre 300 et 800 « gilets jaunes » devraient participer aux débats.
  • C’est un ancien bâtiment de Pôle emploi, occupé depuis plusieurs mois par les militants nazairiens, qui abrite les participants.

Ils sont venus du Maine-et-Loire, d’Ille-et-Vilaine, des Landes, de l’Essonne ou même des Vosges. Plusieurs centaines de « gilets jaunes » sont rassemblées depuis vendredi midi à Saint-Nazaire pour la seconde « assemblée des assemblées » du mouvement. La première, organisée près de Commercy (Meuse) les 26 et 27 janvier, avait réuni environ 350 personnes. Cette fois-ci, dans cet ancien bâtiment de Pôle emploi occupé depuis novembre, les organisateurs attendent jusqu’à dimanche « près de 800 participants » issus de 250 délégations.

« Il a fallu limiter les inscriptions, assure l’un des coorganisateurs. On aura la plupart des délégués français, des gens qui ont envie de se retrouver, de débattre, de préparer l’avenir. L’esprit est celui de la démocratie populaire, sans étiquette. C’est l’ADN du mouvement depuis le début. » « Les médias s’époumonent à dire qu’on s’essouffle. On est en train de prouver le contraire », se réjouit un collègue.

Les échanges se font principalement par groupes de travail.
Les échanges se font principalement par groupes de travail. - F.Brenon/20Minutes

Revendications, modes d’actions, ronds-points

Au programme du week-end : des réunions thématiques par groupes de 20 personnes, des assemblées plénières, des temps de discussion libre également. Le tout en limitant l’accès aux journalistes « pour garder l’authenticité de ce qui se dit ». Les sujets abordés porteront sur les « revendications, les valeurs communes, la répression, la communication, les nouveaux modes d’action »…

Nordine, délégué des « gilets jaunes » de Bayonne espère justement discuter des alternatives aux manifestations. « Beaucoup en ont marre des défilés où on se fait taper dessus, où les médias ne retiennent que la violence. J’aimerais qu’on privilégie des formes d’actions festives et sereines. » Michel, venu de la banlieue nantaise, souhaite que le mouvement se concentre davantage sur les ronds-points. « C’est de là que tout est parti. C’est là qu’on fait le plus de rencontres. La suite se jouera là aussi », est-il convaincu.

Les attentes sont diverses. Fabrice, de Gironde, veut « des tuyaux pour trouver des nouveaux soutiens ». Christine, du Morbihan, vient pour « parler de justice fiscale ». Claude, de Biarritz, aimerait préparer l’opposition au G7 qui se tiendra fin août. Sylvie, de Cholet, voudrait « réussir la convergence des luttes ».

La seconde assemblée des
La seconde assemblée des - L.Venance/AFP

Sans l’aide de la mairie de Saint-Nazaire

Pour recevoir tous les participants annoncés, les organisateurs ont dû abattre des cloisons, sécuriser l’électricité, bâtir des toilettes sèches, installer des dortoirs et des cantines. Un chapiteau et quelques tentes ont également été dressés à côté du bâtiment rebaptisé « Maison du peuple ». « On a sollicité l’aide de la municipalité de Saint-Nazaire mais les portes sont restées closes. Le maire a également fait pression sur les communes voisines pour les dissuader de nous aider », assure Céline, l’une des co-organisatrices.

Sollicitée, la ville de Saint-Nazaire a expliqué qu’elle ne souhaitait pas apporter d’aide à l’organisation de l’événement « faute de lieu adapté », en raison d’un « risque de trouble à l’ordre public », et parce que les organisateurs n’étaient « pas constitués en association ».