Marseille: «L’application de la loi va être compliquée, mais il faut y aller», une formation sur les outrages sexistes avec Marlène Schiappa

OUTRAGE SEXISTE Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité homme-femme a assisté à un temps de formations des forces de l’ordre des Bouches-du-Rhône sur les outrages sexistes

Adrien Max

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Marlène Schiappa à Marseille lors de la formation sur les outrages sexistes.
Marlène Schiappa à Marseille lors de la formation sur les outrages sexistes. — Préfecture de police 13
  • La préfecture de police des Bouches-du-Rhône organisait une formation sur les outrages sexistes à destination des forces de l’ordre.
  • Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité homme-femme, était présente.
  • Certains membres des forces de l’ordre s’inquiètent de la difficile application de cette nouvelle loi.

« Je vous remercie au nom du gouvernement, mais aussi, si je peux me le permettre, au nom de toutes les femmes. » La secrétaire d’Etat pour l’Egalité homme-femme Marlène Schiappa est venue remercier les forces de l’ordre des Bouches-du-Rhône présentes ce jeudi après-midi à Marseille pour une formation autour de la nouvelle loi Schiappa, alors que 400 contraventions pour « outrage sexiste » ont déjà été adressées depuis sa création.

« Si nous n’éradiquons pas les outrages sexistes, il n’y aura pas d’égalité entre les hommes et les femmes », a-t-elle insisté auprès de la salle. « Il est essentiel de faire appliquer cette loi. Nous nous sommes aperçus que beaucoup de lois étaient votées, mais pas appliquées. Il existe par exemple une loi pour l’égalité salariale entre hommes et femmes qui date de 40 ans, pourtant elle n’est pas appliquée dans les faits », a rappelé Marlène Schiappa.

Se réapproprier l’espace public

Gendarmes, policiers, policiers municipaux, agents de contrôles dans les transports, ils étaient tous invités par la préfet de police, Olivier de Mazières, à un temps de formation sur les outrages sexistes. Cette infraction est désormais passible d’une amende de catégorie 4, ou 5 dans certains cas aggravants. « Tous ces acteurs sont amenés à constater des outrages sexistes, et toutes formes de sexisme. L’objectif est aussi de former des formateurs. Ils vont eux-mêmes relayer la sensibilisation qui a été faite cet après-midi afin que tout un chacun puisse se réapproprier l’espace public », souhaite Olivier de Mazières.

Pour cela, encore faut-il savoir ce qu’est un outrage sexiste. C’est ce qu’est venue présenter l’antenne locale du centre national d’information sur les droits des femmes et des familles (CNIDFF) :

« Il est constitué par le fait d’imposer à une personne des propos ou un comportement à connotation sexuelle ou sexiste ayant pour effet soit de porter atteinte à sa dignité, soit de créer une situation intimidante, hostile ou offensante. »

Plusieurs exemples ont été cités, comme le manspreading, mais aussi divers stéréotypes. « Quand on dit "les femmes sont souvent indécises", derrière on va se demander "si elle dit non, dit elle vraiment non ?", ce qui peut aller très loin, vous l’imaginez », a illustré Solen Clavel, du CIDFF.

« L’application de la loi va être compliquée, mais il faut y aller »

La brigadière-cheffe Carinne Bianucci a quant à elle distillé quelques conseils qu’elle a déjà mis en application au sein du commissariat de Martigues. « Nous travaillons beaucoup en partenariat avec les mairies, des associations, des régies de transport, l’éducation nationale. Il est très important de personnaliser et de faire circuler l’information dans les dépôts de bus par exemple. Bien sur, nous nous positionnons d’avantage près des arrêts de bus ou dans les transports », a-t-elle détaillé. 87 % des femmes ont déjà été confrontées à une forme de harcèlement dans les transports en France.

Un temps de formation qui ne répond pas à toutes les questions des différentes forces en présence. « Il est très difficile de prendre le contrevenant en flagrant délit dans les transports », fait remarquer ce policier. « Si nous constatons un problème, comment intervenir parce qu’en général le temps que la police vienne »…, s’interroge ce contrôleur de la RTM. « L’application de la loi va être compliquée, mais il faut y aller », encourage Carinne Bianucci. Autant d’échanges que Marlène Schiappa n’a pu entendre, elle est partie à la rencontre de mères isolées, au grand regret de certains.