Lyon: Vers une fin de la grève des éboueurs et une reprise de la collecte dès vendredi dans la métropole

CONFLIT SOCIAL Les éboueurs en régie, mobilisés depuis le 19 mars, doivent se prononcer à l’aube ce vendredi sur l’accord trouvé ce jeudi avec la métropole de Lyon

Elisa Frisullo

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Les éboueurs de la métropole de Lyon sont en grève depuis le 19 mars 2019.
Les éboueurs de la métropole de Lyon sont en grève depuis le 19 mars 2019. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • A l’issue de nouvelles négociations entre les éboueurs et la métropole de Lyon, un accord a été trouvé.
  • Les membres du collectif des agents de collecte doivent se prononcer vendredi à l’aube sur cet accord.
  • Il est fort probable que le conflit cesse et que les tournées reprennent dès ce 5 avril, après 17 jours de mobilisation.

Dix-sept jours que les poubelles s’entassent et que les négociations piétinaient. Les éboueurs de la métropole de Lyon devraient mettre fin ce vendredi à l’aube à la grève entamée le 19 mars, après de nouvelles négociations qui ont abouti à un accord ce jeudi.

« Ils doivent se réunir à 5h du matin et voter. On peut dire qu’à 99 %, le mouvement devrait s’arrêter demain et que les agents reprendront le travail dans la foulée », confie à 20 Minutes un responsable FO, seul syndicat autorisé ce 4 avril à participer à la rencontre avec les responsables de la métropole.

Qu’ont obtenu les grévistes ?

Après l’échec des précédentes négociations, le collectif des agents de la collecte a obtenu de « réelles avancées », selon le syndicat. La métropole, qui proposait la semaine passée une augmentation comprise entre 82 euros et 159 euros bruts mensuels, selon la situation des agents, est restée sur cette suggestion. « Cela représente, à travers différents leviers (primes, salaires…) une hausse de salaire de 90 à 95 euros nets par agent et l’engagement que la collecte en mono-ripeur (une seule personne derrière le camion) ne sera pas mise en place », précise FO. Enfin, la retenue sur salaire de leurs jours de grève sera étalée sur un an, précise la métropole de Lyon.

Si les agents reprennent les collectes, les camions de ramassage risquent de tourner à fond. « Ils se sont engagés à travailler tout vendredi, mais aussi samedi et dimanche pour rattraper le retard. Ils ne se sont pas mis en grève de gaieté de cœur, ils sont aussi des résidents et des contribuables. Ils savent que cela a engendré comme désagréments pour la population, mais ils n’avaient pas le choix », ajoute le syndicat, au nom du collectif.

Collomb taclé

« Le surplus d’ordures ménagères sera ramassé le plus rapidement possible », assure la métropole, soucieuse de poursuivre le dialogue engagé avec les grévistes sur les conditions de travail. « Beaucoup de choses leur avaient été promises en 2012 lors de la grève précédente et n’avaient pas été tenues au final. C’est pour cela qu’ils se sont mobilisés. David Kimelfeld a très vite réagi », estime-t-on ce jeudi dans l’entourage du président de la métropole. Un tacle directement destiné au président du Grand Lyon d’alors, à savoir Gérard Collomb, qui avait eu à gérer à l’époque la crise des éboueurs et dont les relations avec David Kimelfeld se sont tendues ces derniers mois à l’approche des élections municipales et de la métropole.

Si en périphérie, la situation sanitaire devrait s’améliorer dans les prochains jours, à Lyon, Villeurbanne, Bron et Vaulx-en-Velin, les poubelles risquent fort de continuer à s’amonceler. Les salariés de Pizzorno, l’une des sociétés privées chargées du ramassage des ordures sur ce secteur, ont voté jeudi pour la poursuite de la grève entamée, pour des raisons salariales essentiellement, le 2 avril.