Lyon: Un an après son lancement, Docariv, plateforme pour désengorger les urgences, cartonne

BILAN Le service, unique en France, a été lancé il y un an à Lyon. En six mois, le nombre de patients inscrit a été multiplié par 10

Caroline Girardon

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La plateforme Docarive propose de faire intervenir rapidement des médecins au domicile des patients pour éviter d'aller consulter aux urgences.
La plateforme Docarive propose de faire intervenir rapidement des médecins au domicile des patients pour éviter d'aller consulter aux urgences. — JOEL ROBINE / AFP
  • La plateforme Docariv, créée par un médecin réanimateur de Lyon, est en «plein explosivité».
  • En six mois, le nombre de patients inscrits est passé de 2.000 à 25.000.
  • Il s’agit de prendre rendez-vous sur internet avec les praticiens du réseau, qui interviennent dans l’heure pour éviter que les malades n’aillent aux urgences.

EDIT : A la suite des propos tenus par notre interlocuteur, le service de santé des armées a tenu à apporter quelques rectifications. Il tient à préciser que l’hôpital Desgenettes n’est pas fermé. Il accueille depuis le mois de novembre la chirurgie orthopédique, viscérale et ORL et propose toujours notamment des consultations chirurgicales et médicales, de la chirurgie ambulatoire en ophtalmologie et odontologie, de l’hospitalisation en médecine (maladies infectieuses et tropicales, cardiologie…). Seul le service des urgences ne fonctionne plus la nuit, de 19h jusqu’à 7h30 le lendemain.

 

Le service a été lancé il y a tout juste un an, avant d’être activé réellement au mois de septembre. La plateforme Docariv, créée par des médecins lyonnais pour désengorger les services d’urgence, est « en pleine explosivité ». En six mois, le nombre de patients inscrits est passé de 2.000 à plus de 25.000. Et celui de praticiens a doublé (une cinquantaine aujourd’hui).

Proposant d’intervenir quotidiennement de 6h à minuit, au domicile des malades qui ne réussissent pas à obtenir rapidement de rendez-vous auprès de leurs médecins traitants et seraient tentés de se rendre aux urgences, le service, unique en France, est désormais disponible dans 15 communes de l’agglomération lyonnaise. Tassin, Ecully, les villages des Mont d’Or sont intégrés au dispositif tout comme Sainte-Foy-les-Lyon, Oullins, Bron, La Mulatière et Saint-Fons.

Améliorer le parcours de soins

« Le SAMU nous adresse régulièrement des patients », révèle Michael Loeb, médecin anesthésiste, réanimateur et fondateur de la plateforme, qui collabore également avec les Ehpad. « Ce système permet clairement d’améliorer le parcours de soins des malades. L’autre jour, nous sommes intervenus en maison de retraite pour une dame, qui était tombée et dont on suspectait une fracture. Avant, l’établissement aurait appelé les pompiers. Là, le médecin qui est intervenu sur place, a contacté l’un des radiologues du réseau. La patiente a pu avoir un rendez-vous rapidement [dans les deux heures en général]. Et si besoin, elle sera ensuite prise en charge par un orthopédiste du réseau », détaille Michael Loeb.

Le service s’est aussi rapproché des HCL, hospices civils de Lyon pour « coordonner les choses en bonne intelligence ». Selon le praticien, « il ne s’agit pas de prendre la place des médecins traitants mais de pallier les manques ». « Le service marche très bien dans les déserts médicaux urbains, les quartiers où il y a peu de médecins traitants », observe-t-il. Il ne s’agit pas non plus de concurrencer SOS Médecins : « Il existe une telle demande qu’il y a de la place pour tout le monde. Nous proposons simplement une offre complémentaire ».

Difficile d’évaluer précisément les retombées sur les urgences et de savoir si elles sont désormais moins sollicitées. « C’est encore tôt pour le dire, d’autant plus que certains hôpitaux comme Desgenettes ont fermé depuis (précision apportée : Il ne s’agit pas de l’établissement mais du service des urgences, qui est fermé la nuit). Mais on sait que les patients auprès desquels nous sommes intervenus se seraient rendus aux urgences. C’est la solution la plus simple dans l’esprit de beaucoup de gens mais dans un cas sur deux, ils n’ont pas besoin de s’y rendre », répond le médecin. Et de conclure : « En France, les urgences enregistrent 20 millions de passages par an. Neuf millions ne le nécessitent pas ».