Lyon: Des volontaires recherchés pour tester l’efficacité de la cigarette électronique dans l’arrêt du tabac

TABAC Dans le cadre de cette étude nationale, le centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc à Lyon recherche des volontaires motivés pour arrêter de fumer

Elisa Frisullo

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Un homme vapote avec sa cigarette électronique (image d'illustration).
Un homme vapote avec sa cigarette électronique (image d'illustration). — XAVIER VILA/SIPA
  • Une étude clinique sur l’efficacité de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique est en cours en France.
  • Dans le cadre de ce projet, le centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc, à Lyon, recherche des volontaires à l’arrêt du tabac.
  • L’étude doit durer quatre ans. Les conclusions ne seront pas connues avant fin 2022.

Il suffit de regarder autour de vous pour voir combien la cigarette électronique séduit les fumeurs ou anciens fumeurs soucieux d’en finir durablement avec le tabac. Mais le vapotage, auquel s’adonnaient environ 1,7 million de personnes en France en 2016, est-il réellement efficace pour arrêter la clope ? Pour mesurer les effets de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique, une vaste étude clinique, baptisée ECSMOKE,​ est en cours depuis l’automne dernier.

L’hôpital lyonnais Saint-Joseph Saint-Luc fait partie des 13 établissements français mobilisés sur ce projet national, coordonné par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. L’objectif est de vérifier que la cigarette est un moyen efficace d’arrêt du tabac au regard du médicament de référence dans le domaine : la varénicline, commercialisée sous le nom de Champix, et remboursée en partie par la sécurité sociale.

Un accompagnement gratuit de six mois

Pour mener à bien cette étude, planifiée sur quatre ans et incluant au minimum 650 personnes en France, des volontaires sont recherchés par le centre hospitalier lyonnais. Pour être retenus, il faut fumer au moins dix cigarettes par jour depuis un an minimum, avoir entre 18 ans et 70 ans, ne pas être enceinte et être vraiment motivés pour arrêter le tabac. Les volontaires choisis seront accompagnés gratuitement pendant six mois par des médecins tabacologues de Saint-Joseph Saint-Luc.

Tous recevront une cigarette électronique et les liquides nécessaires pour la remplir et des comprimés. Ils seront répartis en trois groupes. « Certains se verront remettre une cigarette électronique avec nicotine et un placebo (faux médicament). Le second groupe aura une cigarette électronique sans nicotine et la varénicline. Le troisième groupe, une cigarette sans nicotine et le placebo », détaille Marie Malécot, tabacologue chargée de l’étude à Saint-Joseph Saint-Luc. Les fumeurs ne sauront pas s’ils bénéficient du placébo ou du médicament, de nicotine ou d’un simple liquide.

Les résultats de l’étude connus en 2022

Les conclusions de cette étude, vivement attendues par les fumeurs et la communauté scientifique, ne seront pas connues avant fin 2022, le projet étant programmé sur quatre ans. « C’est la première étude mondiale de ce type menée pour vérifier l’efficacité de la cigarette électronique », ajoute la tabacologue. En janvier, un essai clinique mené par l'université Queen Mary de Londres a démontré que le vapotage est deux fois plus efficace que les substituts nicotiniques classiques reconnus pour arrêter de fumer. « Mais cette étude n’a pas été réalisée à l’aveugle comme la nôtre », précise Marie Malécot. Les 886 volontaires britanniques étaient en effet dotés, en toute connaissance de cause, soit de substituts soit d’une cigarette électronique.

Si l’efficacité du vapotage est démontrée dans le cadre de ECSMOKE, cela pourrait à terme ouvrir la voie à une possible prise en charge. « Si nous prouvons que cela aide au sevrage tabagique, on peut imaginer que cela incitera les mutuelles à rembourser en partie la cigarette électronique », ajoute la tabacologue. Les fumeurs souhaitant se porter volontaires peuvent contacter l’unité d’addictologie de Saint-Joseph Saint-Luc au 04.78.61.88.68, du lundi au vendredi de 9h à 16h30, sauf le lundi après-midi.