VIDEO. Eboueurs à Lyon: La métropole saisit la justice, les agents de collecte du privé en grève à leur tour

CONFLIT SOCIAL Alors que les agents de la métropole entament leur troisième semaine de mobilisation, les salariés du privé, chargés notamment de la collecte à Lyon et Villeurbanne, sont en grève depuis ce mardi matin

Elisa Frisullo

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Les éboueurs de la métropole de Lyon sont en grève depuis le 19 mars. Conséquence, les poubelles débordent comme ici dans le centre de Saint-Genis-Laval.
Les éboueurs de la métropole de Lyon sont en grève depuis le 19 mars. Conséquence, les poubelles débordent comme ici dans le centre de Saint-Genis-Laval. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Depuis ce mardi matin, les salariés de Pizzorno, chargés de la collecte des ordures ménagères sur Lyon et Villeurbanne, sont en grève alors que les éboueurs de la métropole entrent dans leur troisième semaine de mobilisation.
  • Un conflit social d’ampleur, marqué pour l'heure, par l’échec des négociations entre la métropole et les grévistes.
  • Le président de la métropole a durci le ton et a saisi la justice pour débloquer l’accès aux usines d’incinération.

Lyon et Villeurbanne, épargnées jusqu’alors, pourraient bien voir fleurir sur les trottoirs des poubelles débordantes. Alors que ce mardi les agents de la collecte de la métropole entament leur troisième semaine de mobilisation, une partie des éboueurs de la société privée Pizzorno se sont mis en grève à leur tour.

Selon l’Union syndicale Solidaires du Rhône, qui soutient le mouvement, 85 % des salariés du site de Vénissieux chargés du ramassage des ordures ménagères sur Lyon (IIIe, VIe, et VIIIe), Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Bron sont mobilisés ce 2 avril. Comme pour les éboueurs de la métropole, les revendications des agents portent principalement sur une revalorisation salariale significative (300 euros nets par mois) et une amélioration des conditions de travail.

La métropole saisit la justice

Conséquence de la grogne des éboueurs gérés par la métropole, dans les communes situées en périphérie de Lyon, les poubelles sont entassées en nombre sur les trottoirs, aux pieds des habitations et devant les commerces. Une situation qui pourrait durer, les négociations entre les grévistes et la métropole s’étant jusqu’alors soldées par un échec. Après dix jours de grève, David Kimelfeld s’est rendu vendredi dernier sur les piquets de grève pour faire des propositions aux agents.

Puis, face à la détermination des éboueurs, le président de la métropole a clairement durci le ton en annonçant lundi soir avoir saisi la justice afin de permettre le déblocage de l’accès aux usines d’incinération de l’agglomération, occupées par les grévistes. « Si le mouvement devait durer, je prendrais toutes les mesures nécessaires pour permettre l’organisation du service de la collecte (…) Si nécessaire, je n’hésiterais pas à recourir à des réquisitions », a indiqué David Kimelfeld, estimant avoir fait vendredi « une proposition particulièrement engagée » sur les conditions de travail et les rémunérations ».

L’échec des négociations

La métropole indique ainsi avoir proposé une augmentation entre 82 et 159 euros bruts mensuels en fonction de la situation des agents et s’est engagée à recruter 20 postes d’éboueurs avant le 1er juillet. De « l’enfumage », selon le collectif des agents de collecte mobilisés qui réclame « des négociations sérieuses » et peine toujours à digérer que la métropole tente de « casser la grève » en faisant ramasser une partie des ordures entassées.

Depuis une semaine, en lien avec les maires des communes concernées et « dans le respect du droit de grève », selon la métropole, les poubelles sont en effet ramassées sur les sites les plus sensibles où le risque sanitaire est important.