Education: Des enseignants dans la rue contre «la loi Blanquer» et la réforme du lycée

EN COLERE Le projet de loi du ministre de l'Education «sur l'école de la confiance», suscite la défiance

20 Minutes avec AFP

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Des milliers d'enseignants d'écoles maternelles et élémentaires, de collèges et lycées ont défilé samedi 30 mars 2019 en France.
Des milliers d'enseignants d'écoles maternelles et élémentaires, de collèges et lycées ont défilé samedi 30 mars 2019 en France. — AFP

« Ça fait longtemps que les collègues n’étaient pas aussi remontés, et de manière aussi soudaine. » Comme Agnès, professeur dans une école du XXe arrondissement à Paris et trente-cinq ans de carrière, quelques milliers d’enseignants d’écoles maternelles et élémentaires, de collèges et lycées ont défilé, ce samedi, en France.

A l’appel des cinq principaux syndicats de l’Education, ils ont protesté contre « la loi Blanquer » et la réforme du lycée. Les manifestants étaient plusieurs centaines à Strasbourg, à Rennes, à Nantes mais aussi à Paris.

Quelques milliers d'enseignants d'écoles maternelles et élémentaires, de collèges et lycées ont dénoncé, samedi 30 mars 2019, «la loi Blanquer» et la réforme du lycée.
Quelques milliers d'enseignants d'écoles maternelles et élémentaires, de collèges et lycées ont dénoncé, samedi 30 mars 2019, «la loi Blanquer» et la réforme du lycée. - AFP

Le projet de « l’école de la confiance » suscite la défiance

Le projet de loi du ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, « sur l’école de la confiance », suscite la défiance. Voté par l’Assemblée nationale, il doit encore passer début mai devant le Sénat.

« Ça a commencé en janvier-février avec les menaces et les pressions sur les collègues qui ont refusé de faire remonter les résultats des évaluations des CP. Des évaluations mal conçues, qu’ils ont quand même fait passer, mais dont ils ont refusé d’entrer les résultats nominatifs sur une plateforme hébergée par Amazon en Irlande », a encore expliqué Agnès. « Et puis l’amendement qui parle de création d’établissements regroupant des écoles et un collège, avec la suppression des directeurs d’école nous a vraiment inquiétés », ajoute cette enseignante d’une école en éducation prioritaire (REP +), syndiquée au SNUipp-FSU.

Un amendement au projet de «loi Blanquer» fait redouter à certains enseignants la disparition des directeurs d’école.
Un amendement au projet de «loi Blanquer» fait redouter à certains enseignants la disparition des directeurs d’école. - AFP

Julie, venue des Yvelines avec plusieurs collègues instits, toutes non syndiquées, regrette, elle, que la « loi Blanquer » soit « tellement peu explicite » : « On aimerait ne pas avoir à deviner ce qui se cache entre les lignes. Et faire sans directeur dans les écoles, ça va être très compliqué. »

« J’ai du mal à suivre notre ministre »

Le ministre a adressé vendredi une lettre aux professeurs, les présentant comme « l’avant-garde du progrès social ». Il avait également précisé cette semaine ne pas vouloir « imposer » les regroupements écoles-collèges, « loin s’en faut ». Le ministre s’est dit « tout à fait prêt » à ajouter la nécessité de « l’accord de la communauté éducative » pour que les regroupements écoles-collège voient le jour.

Du côté du secondaire, des profs se mobilisent contre la réforme du lycée et du bac, prévue pour septembre et qui supprime les séries S, ES et L. « J’ai du mal à suivre notre ministre, a fait savoir Sandrine, prof d’anglais dans un lycée de la banlieue ouest. Cette réforme était censée « ouvrir les choix (des disciplines) aux élèves, mais on leur répond le plus souvent "ce sera en fonction des places disponibles". »