Isère: Un demandeur d’asile obtient la protection de la France après un «acte de bravoure»

MIGRANTS Mamoud Diallo, commis de cuisine de 20 ans, a sauvé une femme agressée par un collègue

20 Minutes avec AFP

— 

Les
Les — GEORGES GOBET / AFP

Le jeune demandeur d’asile qui avait sauvé une femme agressée par un collègue pris de folie, fin janvier en Isère, a reçu la « protection subsidiaire » de la France, a-t-on appris samedi auprès d’un proche, confirmant une information de France Bleu Isère. « Il n’a pas obtenu le droit d’asile mais l’Etat a tenu compte du fait qu’il existe un risque pour lui de retourner dans son pays en raison de violences familiales », a précisé Stéphane Poulle, qui l’héberge depuis son arrivée en France il y a un an.

Concrètement, le jeune homme va recevoir une carte de séjour « vie privée et familiale », d’une durée de validité d’un an renouvelable, en vertu d’une décision rendue le 28 février par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). « Cette protection lui donne le droit de travailler et d’étudier en toute légalité. Nous souhaitons désormais demander sa naturalisation, qui ne peut être sollicitée qu’après cinq années de vie [en France], sauf lorsqu’il y a acte de bravoure. Ce qui est son cas », poursuit-il.

Vague d'éloges

Mamoud Diallo, jeune ressortissant guinéen de 20 ans, commis de cuisine stagiaire dans une association à Autrans, était venu au secours d’une employée grièvement blessée au visage par un autre collègue muni d’un couteau le 29 janvier. Alerté par des cris alors qu’il ramassait les assiettes des vacanciers dînant dans une pièce voisine, le jeune stagiaire, orphelin et analphabète, s’était précipité sur lui.

Malgré son petit gabarit, le demandeur d’asile était parvenu à maîtriser l’agresseur, bien plus imposant que lui, à l’éloigner de la victime et à le calmer. « Il lui a dit "chef, il ne faut pas toucher aux filles" », a raconté le maire d’Autrans, Hubert Arnaud. Une fois la pression retombée, Mamoud Diallo et l’individu s’étaient remis au travail dans la cuisine, le temps que les pompiers et les gendarmes interviennent.

Son geste avait été salué par une vague d’éloges et les gendarmes chargés de l’enquête avaient appuyé sa demande de régularisation auprès de la préfecture de l’Isère. « Il est hyperheureux. Cette scène l’a beaucoup marqué mais il a revu la jeune femme blessée. Désormais, il souhaite rentrer chez les pompiers », raconte Stéphane Poulle.