«Gilets jaunes»: A quoi faut-il s'attendre pour l'acte 20 ?

MOBILISATION Les autorités, qui ont de nouveau interdit toute manifestation sur les Champs-Elysées et dans plusieurs villes, craignent la présence de « groupes violents »

20 Minutes avec AFP

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Des «gilets jaunes» défilent à Bordeaux, samedi 9 mars, pour l'acte 17.
Des «gilets jaunes» défilent à Bordeaux, samedi 9 mars, pour l'acte 17. — GEORGES GOBET / AFP

Alors que les manifestations s’enchaînent chaque week-end, depuis le 17 novembre dernier, les « gilets jaunes » ont appelé à rester mobilisés, ce samedi, pour leur vingtième journée d’action.

Les autorités, qui ont de nouveau interdit toute manifestation sur les Champs-Elysées et dans plusieurs villes, craignent la présence de « groupes violents ». Après le fiasco du 16 mars dernier, marqué par le saccage de la célèbre avenue, l’exécutif est décidé à maintenir sa ligne de fermeté, sans évoquer cette fois l’appui des militaires de Sentinelle au dispositif, qui avait suscité couacs et polémiques.

Bordeaux « ville morte »

Bordeaux, devenue au fil des semaines l’un des bastions du mouvement social, apparaît comme un point de convergence dans le Sud-Ouest, avec notamment un appel aux « gilets jaunes » de Toulouse à se joindre aux manifestations. La préfecture de la Gironde redoute la présence de « certains groupes, violents et très déterminés », malgré l’interdiction de manifester dans de nombreuses rues et places du centre-ville.

Le maire Nicolas Florian n’a pas caché son inquiétude et a décrété Bordeaux « ville morte » samedi, en demandant aux habitants de « rester chez eux » et aux commerces de « baisser leur rideau ». « Je suis très inquiet de ce qui pourrait se passer. On nous annonce des centaines de casseurs, de gens qui sont là pour en découdre », a-t-il dit. Dans une vidéo diffusée jeudi soir sur les réseaux sociaux, l’une des figures des « gilets jaunes », Eric Drouet, a indiqué qu’il serait « sûrement » dans la capitale girondine. « Samedi tous à Bordeaux ? Pour ceux qui peuvent oui », a-t-il lancé.

Avignon, rendez-vous national ?

Un appel national à manifester à Avignon a été lancé sur les réseaux sociaux. Citant « la présence prévisible de personnes appartenant à des groupes activistes violents », la préfecture du Vaucluse a interdit tout rassemblement ou manifestation du mouvement de 9 heures à minuit, « intra-muros » et sur plusieurs axes périphériques. Les « gilets jaunes » ont néanmoins donné rendez-vous à midi au Palais des Papes, lieu symbolique chargé d’histoire, arguant qu'« il n’est pas interdit de se promener ».

Autres manifestations et interdictions

A Paris, de crainte de nouvelles scènes de violences et de saccages, les manifestations ont de nouveau été interdites sur les Champs-Elysées et la place de l’Etoile, ainsi que dans un vaste périmètre comprenant l’Elysée et l’Assemblée nationale. Mais des appels à se rassembler place du Châtelet ou Gare de l’Est en fin de matinée pour rallier la place du Trocadéro, circulent sur internet.

A Saint-Etienne, Epinal et Rouen, les préfectures ont également interdit les manifestations pour prévenir violences et pillages. Des manifestations ont été annoncées à Marseille, Rennes, Caen, Rouen, Montbéliard (Doubs), Strasbourg ou encore Nice. Attac a par ailleurs appelé les « gilets jaunes » à brandir des drapeaux arc-en-ciel, en soutien à la porte-parole de l’association altermondialiste Geneviève Legay, 73 ans, qui a violemment chuté dans une charge des forces de l’ordre en manifestant dans un périmètre interdit à Nice.

Les usines d’armement visées

Des appels à bloquer certaines usines d’armement ou qui fournissent des « produits de maintien de l’ordre » ont été lancés. Parmi les cibles notamment, la « Poudrerie » à Pont-de-Buis, dans le Finistère, un site classé Seveso (installation présentant des risques industriels majeurs devant respecter des exigences de sûreté), ou l’usine d’armement Alsetex dans la Sarthe. Dans la Loire, l’usine Verney-Carron, où étaient conçus - ce n’est plus le cas - les lanceurs de balle de défense est également dans le viseur de certains « gilets jaunes ».